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Les supérettes rappelées à l'ordre Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
09-08-2010

L’affichette indiquant que le magasin est ouvert le dimanche « toute la journée » trône encore au-dessus de la vitrine. Hier, le Franprix de la rue de Bretagne (IIIe) a pourtant baissé le rideau de fer dès 13 heures… comme l’impose la loi Maillé sur le travail dominical votée il y a exactement un an. La moyenne surface alimentaire accueillait jusqu’à présent ses clients jusqu’à 21 h 30 le dimanche (au lieu de 22 heures en semaine). Et comme six autres supérettes parisiennes, elle vient d’être rappelée à l’ordre par la préfecture de Paris puis par la justice. Les magasins, jugés en référé, ont été condamnés à fermer le dimanche après-midi sous astreinte de 6000 € par infraction constatée.


Plusieurs commerces restent ouverts
« Dommage. C’était bien pratique de venir faire ses courses le dimanche après-midi », remarquait hier une habituée du Franprix de la rue de Bretagne en découvrant le rideau de fer baissé. L’ouverture du dimanche était en effet plébiscitée par la clientèle. « La fréquentation est supérieure de 30% à celle des jours de semaine », rappelle le responsable d’une des supérettes sanctionnées.
« Ce n’est pas une raison pour enfreindre la loi », indique-t-on en substance du côté de la préfecture d’Ile-de-France. En pleine polémique sur l’ouverture des commerces le dimanche, les autorités tiennent visiblement à rappeler que la loi Maillé est appliquée. « Depuis le début de l’année, 67 établissements parisiens ont fait l’objet d’un PV transmis à la justice », insiste la préfecture d’Ile-de-France.
Cette sévérité affichée laisse les élus parisiens du PC et du Front de gauche plutôt sceptiques. Ces élus, qui dénoncent une « banalisation du travail dominical », estiment que de nombreux groupes de supérettes ouvrent tout le dimanche. Même constat pour Joseph Thouvenel, responsable CFTC, qui envisage déjà de déposer des plaintes contre les horaires à rallonge de certaines enseignes dès la rentrée. « Je doute que ces sept supérettes soient les seules à enfreindre la loi », conclut-il.
Un petit tour dans Paris, hier après-midi, suffisait à s’en convaincre. Alors que le Franprix de la rue de Bretagne avait fermé ses portes, un autre magasin de l’enseigne (rue Guy-Môquet dans le XVIIe) ne désemplissait pas. Les horaires peints sur la vitrine annonçaient : dimanche 9 heures-20 heures.
 
Le Parisien du 09 août 2010.
Benoît Hasse




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