Oui à la liberté du repos dominical ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
03-05-2008

par Joseph Thouvenel

Le repos dominical est ce temps dans la semaine où la vie économique est mise entre parenthèses pour favoriser la vie familiale, associative, personnelle de tous et, pour ceux qui le souhaitent, spirituelle. Ce temps, qui est traditionnellement en Occident, celui du dimanche, est régulièrement attaqué par les partisans du matérialisme marchand, cette forme contemporaine d'adoration du veau d'or.

 

Ce que la CFTC et beaucoup d'autres défendent avec le repos dominical, ce n'est pas un simple et nécessaire temps de repos, c'est une civilisation au sens premier du terme, c'est-à-dire faire passer une collectivité à un état social plus évolué, plus humain.

Déjà au XVIIe siècle, certains beaux esprits prônaient le travail sept jours sur sept afin, disaient-ils, «d'enrichir la société». Aujourd'hui, on voudrait nous faire croire que la France irait mieux si l'on pouvait pousser le Caddie tous les jours.

En 1906, la chambre laïque de la séparation de l'Église et de l'État fixa dans la loi le principe du repos dominical. Principe non figé, puisque, en un peu plus d'un siècle, nombre d'exceptions de bon sens sont venues confirmer la règle.

Aujourd'hui, l'enjeu c'est l'ouverture des grandes surfaces le dimanche, les partisans de la déréglementation s'appuyant principalement sur l'idée de liberté et du fait accompli. Il n'y a pas de véritable liberté sans la diversité, or la généralisation de l'ouverture des grandes surfaces le dimanche, c'est la destruction du commerce de proximité, les grandes surfaces «cannibalisant» les parts de marché.

Adieu les marchés traditionnels du dimanche matin quand la grande distribution pourra ouvrir le jour du Seigneur. Adieu aussi la diversité des sources d'approvisionnement ; l'exemple de l'édition devrait nous alerter : au fur et à mesure que disparaissent nos libraires de quartier, les maisons d'édition indépendantes s'éteignent. L'artisan ou le petit commerçant peuvent-ils ouvrir sans interruption, sept jours sur sept ? N'ont-ils pas droit, eux aussi, à une vie de famille, à une vraie vie sociale ? Comment peuvent-ils résister à la formidable pression marketing des grandes surfaces ? Comme cette publicité diffusée en décembre, dans le Val-d'Oise, promettant moins 50 % sur les jouets achetés le dimanche et uniquement le dimanche dans les magasins Leclerc.

Qu'en sera-t-il de la libre concurrence, quand il n'y aura plus de concurrence ? Faudra-t-il un nouvel impôt pour payer les minibus qui devront amener les personnes âgées faire leurs emplettes dans les centres commerciaux, quand nos centres-villes, nos bourgs et nos villages seront complètement désertifiés ? Socialement, comme le déclarait Renaud Dutreil quand il était ministre des PME, l'ouverture des commerces le dimanche entraînerait «la destruction de centaines de milliers d'emplois», destruction non compensée par des créations de postes dans la grande distribution.

Quant à la liberté de choix du salarié, elle est imaginaire. Le demandeur d'emploi a-t-il le choix si on lui propose un contrat de travail avec une clause stipulant, qu'à la demande, il devra travailler le dimanche ? Le salarié du commerce a-t-il le choix quand il sait que son refus aura pour conséquence de mettre en péril son emploi ou de se retrouver le plus mal placé pour la prise de congés et les augmentations de salaire ?

Le gros des troupes de la grande distribution est constitué de mères de famille, employées à temps partiel (salaire net moyen mensuel : 750 €). Dans ces conditions, a-t-on la liberté de dire oui ou non pour travailler le dimanche ? Il est à noter que ceux qui ont légalement le droit de travailler le dimanche, et les moyens financiers de l'exercer, font très largement le choix du repos dominical. Combien de cabinets médicaux sont ouverts le septième jour ?

Enfin, le fait que de grandes enseignes ouvrent illégalement depuis des années démontrerait que cela est «une évolution sociétale inéluctable». Mais c'est la volonté, le courage ou la lâcheté des hommes qui fait la société et non un hypothétique sens de l'histoire. Quant à cette légitimation de la violation de la loi, elle est moralement irrecevable. Le grand groupe qui ne respecte pas la règle républicaine au prétexte que cela permet de faire du chiffre n'est pas plus justifiable que le pickpocket qui, lui, vole aussi pour faire du chiffre.

Les sondages indiquent qu'un grand nombre de nos concitoyens seraient favorables à l'ouverture des commerces le dimanche. Mais, outre que personne ne s'oppose à l'achat du croissant le dimanche matin avant de faire son marché, la vraie question est : voulez-vous personnellement travailler le dimanche ? Et là, une écrasante majorité répond non ! Doit-on souhaiter aux autres ce que l'on ne désire pas pour soi-même ?

L'équilibre entre bien commun et pulsion individuelle mérite que l'on refrène des mécanismes économiques aveugles ou des désirs de consommation immédiats, pour laisser s'épanouir la vie familiale, les liens sociaux et la vie spirituelle. Le respect du repos dominical permet de briser l'enchaînement qui réduit l'homme à sa dimension matérielle. Voulons-nous préserver cette liberté essentielle ?

Joseph Touvenel

Vous pouvez commenter cet article sur le site du Figaro en cliquant sur ce lien.

 
Affiches à votre disposition Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
18-03-2008

affiches à votre disposition à l'UD CFTC  PARIS

 

 

1ère affiche disponible en deux formats : 30 cm x 40 cm (dimensions des panneaux syndicaux) ou 60 cm  x 80 cm

 

 

2ème affiche disponible en 30 cm x 40 cm (dimensions des panneaux syndicaux)

 

 

3ème affiche disponible en 1 m x 35 cm

 

 
A diffuser sans modération.... Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
22-02-2008

Vous pouvez télécharger ce tract ICI.

 

Mention spéciale pour tous ceux qui ont répondu présents pour la distribution du jeudi 21 février dernier !

 

 

Le Gouvernement, sous la pression de nombreux lobbies, veut s'attaquer au repos dominical. Sans réaction de notre part, le travail du dimanche se généralisera au-delà de ce qui est nécessaires : santé, sécurité, transports, marchés du dimanche matin, petits commerces de proximité,...... et CE SERA VOTRE TOUR !

 

Ø Le travail du dimanche est une affaire personnelle.

 

FAUX ! Le travail du dimanche est un enjeu de société, voulons-nous un temps où la production et la consommation sont entre parenthèses pour permettre le développement harmonieux de la vie familiale, culturelle, associative, et spirituelle ? L'absence des parents au foyer familial peut, par exemple, accentuer le phénomène de délinquance ou d'échec scolaire. Qui plus est, pour les familles monoparentales, quel mode de garde sera possible pour les enfants ?

 

Ø L'ouverture du dimanche va créer des emplois et relancer la consommation.

 

FAUX ! Une étude du Bureau d'Information et de Prévention Economique (BIPE) révèle au contraire que la généralisation du travail le dimanche ne crée pas de véritables emplois. Nous assistons plutôt à un transfert du chiffre d'affaires de la semaine vers le dimanche. De plus, cela supprime les petits commerces de centres-villes et des zones rurales qui ne peuvent résister à la concurrence de la grande distribution alors qu'à surface comparable, ils emploient plus de salariés que les grandes chaînes. A une époque où l'on favorise la création d'entreprises individuelles et où l'on traite de l'aménagement du territoire, il serait absurde de négliger cette évidence.

 

Ø Certains achats doivent se faire en famille (voiture, meuble, électroménager) donc de préférence le dimanche.

 

FAUX ! Aujourd'hui, les magasins sont ouverts 6 jours sur 7, et pour certains jusqu'à 22 heures. Avec les 35 heures et les 5 semaines de congés, les consommateurs ont le temps de faire leurs courses la semaine et le samedi, voire sur Internet.

Qui plus est, un budget familial n'est pas extensible à l'infini, on ne peut pas dépenser plus que l'on gagne, que les magasins soient ouverts 6 jours ou 7 jours.

 

Ø Les salariés qui travaillent le dimanche sont des volontaires.

 

FAUX ! Les salariés n'ont pas le choix. Les conditions de rémunération (quand les majorations pour le travail du dimanche sont payées) et les primes à la vente sont faites pour "obliger" les salariés à travailler le dimanche. Quand cela ne suffit pas, certaines méthodes patronales (chantage à l'emploi, pression…) permettent de forcer la main. Un salarié qui travaille toute la semaine devrait avoir une rémunération suffisante pour ne pas avoir besoin de prime exceptionnelle pour boucler ses fins de mois.

Quand le travail du dimanche sera banalisé, il n'y aura plus de primes exceptionnelles. Par exemple, l'amendement d'Isabelle DEBRE, voté de nuit, dans l'urgence, ne prévoit aucune majoration de salaire pour le dimanche. Chacun jugera de la nécessité de voter en procédure d'urgence, un texte permettant la vente des canapés le dimanche, n'y aurait-il pas des problèmes sociaux plus urgents à régler dans notre pays ?

 

Ø On s'ennuie le dimanche. Nos villes sont mortes. Il faut les animer.

 

FAUX ! Ce n'est pas aux salariés du commerce d'animer nos villes ! Et comme l'écrivait Henri BUSSERY, membre du Centre de recherche et d'action sociale "on ne guérira pas de l'ennui et de la solitude par un surcroît de consommation". La CFTC demande que l'on rende plus accessible les équipements sportifs et culturels le dimanche.

 

Ø Ne pas travailler le dimanche n'a pas de sens aujourd'hui.

 

FAUX ! Bien au contraire. Il est important que la semaine soit rythmée. Le dimanche ponctue la semaine. Des chrono biologistes ont montré que la semaine de sept jours était le meilleur rythme. Selon Alain REINBERG, directeur de recherche de la Fondation Rothschild à Paris, on retrouve ce rythme septénaire dans la nature ou dans les systèmes immunitaires. Les tentatives de modification ont d'ailleurs toujours échouées. Pour preuve, celle de 1789 en France (la semaine de 10 jours) ou celle de 1917 voulue par la révolution communiste (semaine de 6 jours), qui n'ont pas tenu bien longtemps…. Il semble, par ailleurs, qu'en terme écologique, l'arrêt du travail pendant une journée soit bénéfique (baisse des émissions de carbone, baisse de la consommation énergétique, etc.)

 

 

 

PETITION

 

A renvoyer à

CFTC PARIS – 5 avenue de la Porte de Clichy – 75017 PARIS

ou par fax au 01.44.85.22.23

 

 

Je soutiens la CFTC dans son action pour la sauvegarde du repos dominical

 

Nom : ……………………………………… Prénom : ………………………………

Je souhaite être contacté au : ……………………………………………

 

SIGNATURE :

 

 

 

Vous pouvez également pétitionner en ligne sur notre site

 

H

 

http://www.cftc-paris.fr/

 
Commerces de centre-ville Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
21-02-2008

 

 

 

Communiqué de presse

 

 

Pas de commerces de centre-ville

 

sans concurrence non faussée !

 

 

 

Dans son rapport remis ce jour à Madame Christine BOUTIN, Robert ROCHEFORT proposerait comme solution pour redonner toute sa place au petit commerce en ville, l'ouverture le dimanche matin et des nocturnes le vendredi soir.

 

Un observateur, moyennement averti, aura remarqué que le dimanche matin est déjà le moment privilégié pour l'ouverture de nombre de petits commerces généralement sur l'emplacement dit "de la place du marché".

 

Pour les nocturnes, si les commerçants n'en font pas, c'est pour au moins deux raisons :

 

-          la première : le besoin d'une vie familiale et sociale équilibrée ;

-          la seconde : l'absence de clientèle.

 

Pour la CFTC, le commerce de proximité ne pourra se maintenir et se développer que s'il est mis fin à la véritable concurrence déloyale des grandes surfaces.

 

De type de ces promotions de Noël "moins 50% sur les jouets achetés le dimanche en décembre", comment un petit commerçant peut-il résister à un tel dumping économique, relayé par de puissantes campagnes publicitaires ?

 

C'est aux pouvoirs publics de faire respecter les règles de concurrence non faussée, notamment en sanctionnant sévèrement les enseignes qui ouvrent illégalement le dimanche.

 

C'est à cette condition que nos centres-villes ne seront pas désertifiés et que nous continuerons à bénéficier de commerces de proximité.

 

 

 

Paris, le 20 février 2008.

 

 

Joseph THOUVENEL

Secrétaire Général Adjoint CFTC

 

 

 
Les parlementaires qui soutiennent Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
15-02-2008
 
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