Travail dominical: le "droit au refus", question inédite posée en justice. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
19-10-2009

OYONNAX (Ain), 15 oct 2009 (AFP) - Licenciés pour avoir refusé de travailler le dimanche, trois salariés d'Oyonnax (Ain) ont assigné leur employeur en invoquant leur "droit à une vie familiale normale", saisissant la justice d'une question inédite.
Etelvina Fernandez, 45 ans, Elise Kongo, 40 ans, et Rath Luang, 39 ans, travaillaient depuis plusieurs années dans un magasin ED lorsque leur employeur a décidé d'ouvrir le dimanche matin, à partir de mars 2009, comme la loi le permet pour les commerces alimentaires.
"On était d'accord pour que ça reste ouvert entre midi et 14H00 la semaine, mais personne ne comprenait pourquoi passer au travail le dimanche, d'autant qu'Oyonnax n'a aucune activité touristique et que le magasin est situé en pleine zone industrielle", raconte Etelvina Fernandez.
Pour ces employés, au magasin chaque samedi, le dimanche reste le seul jour réservé à la famille: Mme Fernandez retrouve son fils cadet de 15 ans, en sport-études de football américain au Mans, Elise Kongo rend visite à ses deux aînés, étudiants à Lyon, et Rath Luang garde son petit garçon de quatre ans.
"Soit je m'occupe de mon fils ce jour-là, soit je ne le vois plus. Et ce n'est pas avec les 5,04 euros de prime du dimanche que je peux payer une nourrice", insiste M. Luang, séparé de la mère de son fils.
Licenciés en juin pour "non-respect des horaires et insubordination", après avoir refusé de se plier au nouveau planning, les trois salariés ont saisi le Conseil de prud'hommes de Créteil, qui les a convoqués le 25 janvier 2010 pour une audience de conciliation.
"Il n'y a pas de jurisprudence de la Cour de cassation sur le travail du dimanche. Mais on va s'inspirer du raisonnement adopté pour le travail de nuit, pour lequel la Cour réclame le consentement du salarié", explique leur avocate, Me Inès Plantureux.
Pour Joseph Thouvenel, chargé du travail dominical à la CFTC, "ce type de conflit se règle la plupart du temps en amont: soit on n'embauche pas les gens qui refusent de travailler le dimanche, soit on les oblige à céder en bloquant leur rémunération, en changeant leurs horaires ou en refusant leurs congés".
Mais en portant l'affaire devant la justice, les trois licenciés risquent de bouleverser les pratiques en vigueur dans le commerce de détail, où un tiers des salariés, soit 480.000 personnes, travaille "occasionnellement ou habituellement" le dimanche, selon une enquête INSEE de 2005.
"L'argument tiré de la +vie familiale+ n'a rien de fantaisiste, puisque c'est sur ce fondement que la Cour de cassation a commencé à contrôler le pouvoir de l'employeur depuis 1999, notamment en matière de mutation", rappelle Cyril Wolmark, professeur de droit du travail à l'Université Lyon-II.
Reste à préciser l'impact qu'aurait la reconnaissance de ce "droit au refus" non prévu par les textes, alors que la loi Mallié du 11 août, dont les décrets sont en cours de rédaction, a encore multiplié les dérogations au repos dominical.
Au terme d'une âpre bataille parlementaire, ce texte a étendu la possibilité d'ouvrir le dimanche aux "périmètres d'usage de consommation exceptionnel" (agglomérations de Paris, Aix-Marseille et Lille), et aux zones et communes touristiques.
"La nouvelle loi crée des situations extrêmement différenciées (...). Il faudra forcément une +loi-balai+, un jour, pour tout harmoniser", estime Jean-Emmanuel Ray, professeur à l'Université Paris-I.

cfe/dth/jeb/luc
AFP

 
55 % des français opposés au travail le dimanche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
12-10-2009

L
es Français restent plutôt hostiles au travail dominical. C’est le résultat du sondage publié aujourd’hui par France Info et 20 minutes, réalisé par l’Institut Obéa-Infraforces.

La nouvelle loi votée cet été, qui prévoit d’élargir les possibilités de travailler le dimanche, suscite toujours la méfiance.

Une majorité se dégage contre l’élargissement du travail le dimanche. Mais c’est une courte majorité : 55 %. Les avis restent très partagés.

On note aussi qu’indépendamment de la nouvelle loi, le travail dominical est déjà assez largement répandu en France. Près d’un tiers des personnes interrogées déclarent qu’elles travaillent déjà le dimanche, plus ou moins régulièrement.

C’est surtout dans la catégorie des salariés qui pour l’instant restent au repos le dimanche que l’hostilité est la plus forte. Lorsqu’on leur demande s’ils seraient prêts à travailler ce jour-là, la réponse est largement négative, à plus de 65 %.

L’autre question importante, c’est de savoir si la nouvelle loi va modifier les habitudes de consommation : si les magasins sont plus nombreux à ouvrir, cela vous incitera-t-il à fréquenter davantage les commerces le dimanche ?

Oui, disent 41 % des sondés. Mais ça reste très partagé. Plus de la moitié des personnes interrogées affirment au contraire que ça ne devrait pas changer leurs habitudes de consommation.

 
Travail du dimanche : Enfin un vrai débat ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
25-09-2009

La CFTC PARIS se félicite de l’initiative de Bertrand Delanoë mettant en place un « groupe de concertation » dans lequel, nous l’espérons, pourra se tenir le débat que nous n’avons pas pu avoir au niveau national.

 

La CFTC demandera que soit réalisée une étude d’impact sur l’ouverture des magasins le dimanche à Paris, étude cernant les risques pour les commerces de proximité, les conséquences sur l’emploi, l’aménagement du territoire et ce, en prenant notamment en compte les objectifs de développement durable.

 

La CFTC souhaite que cette évaluation de bon sens refusée par le Gouvernement puisse être effectuée au niveau de la région parisienne.

 

La CFTC rappelle, qu’au-delà du plan strictement économique, l’ouverture ou non des grandes enseignes le dimanche correspond à un véritable choix de société. Voulons-nous préserver un temps où la consommation et la production sont entre parenthèses pour permettre la vie familiale, personnelle, associative et spirituelle, ou préférons-nous nous engouffrer dans la société du toujours plus de productivité ,avec les conséquences que l’on peut, dès à présent, mesurer dans les entreprises. La démonstration par France Télécom n’est-elle pas malheureusement suffisante pour ceux qui nous gouvernent ? Comme le disait à juste titre le député UMP Hervé Mariton : « il y a 6 jours pour avoir et un pour être ! ».

 

 

 

Paris, le 24 septembre 2009.

 

Contact :        Joseph THOUVENEL

 
Les sacs "Moi, je ne fais pas mes courses le dimanche !" sont de sortie Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
23-09-2009

Photo prise sur le vif sur une brocante dimanche dernier

 
Université d'Eté CFTC - X. Darcos à la tribune Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
10-09-2009

Xavier DARCOS, à l'Université d'Eté de la CFTC, prend la parole entouré par les sacs "Moi, je ne fais pas Mes courses le dimanche !" de la Fédération commerce CFTC.

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