LE DIMANCHE à Paris, le badaud trouve de tout : des fleurs, des vêtements, des chaussures de sport, du parfum, des provisions pour la semaine, le JDD, des disques et même des livres empruntés dans l'une des trois bibliothèques ouvertes ce jour-là. Une avancée pour les usagers, à laquelle tient particulièrement la mairie... Mais depuis le 5 septembre et ce week-end encore, ces trois établissements sont en grève. Les bibliothécaires réclament à la mairie une prime de 100 € net contre 75 € brut actuellement. Une revendication liée, selon Bertrand Pieri du syndicat Supap-FSU, « au double discours du maire : en public, il souhaite que les salariés soient payés davantage dans les zones touristiques où le travail le dimanche est autorisé. Mais, en interne, il n'a pas la même volonté ». Bertrand Delanoë a en effet demandé en mai dernier au préfet de Paris de transformer les sept zones touristiques de la capitale en Puce, ou périmètres d'usage de consommation exceptionnel, ce qui aurait pour effet d'augmenter le salaire des employés. Un classement refusé par le préfet avant l'été, au grand soulagement des commerçants des Champs-Elysées et de la rue des Francs-Bourgeois...
La loi Maillé, d'août 2009, baptisée « loi réaffirmant le principe du repos dominical », devait permettre de clarifier la situation, notamment pour les Champs-Elysées, où certains magasins culturels pouvaient vendre des livres et des accessoires de mode quand un magasin de vêtements devait garder portes closes. Un an après la loi, sur la plus belle avenue du monde, une quarantaine de boutiques supplémentaires, comme Lancel ou Bompard, ouvrent à présent - en toute légalité - le dimanche. Selon le comité des Champs-Elysées, ce sont « 98 % des commerces de détail, une centaine environ, qui accueillent des clients ce jour-là ». La hausse du chiffre d'affaires réalisé le dimanche frôlerait les + 20 à 30 %.