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Madame la Ministre,
L’Organisation Mondiale du Commerce vient de donner raison aux Etats-Unis, au Japon et à Taiwan dans le litige qui les oppose à l’Union Européenne à propos des taxes sur les produits électroniques.
L’Europe est accusée dans ce dossier de « protectionnisme » suite à une interprétation différente de l’accord sur les technologies de l’information (ATI) de 1996.
Si la CFTC n’a pas compétence sur un sujet aussi technique, nous nous étonnons une fois de plus de la schizophrénie d’un certain nombre d’Etats qui dans une instance internationale ; l’Organisation Internationale du Travail ; prennent position pour le travail décent et s’engagent pour que soient respectés les droits fondamentaux des salariés et, à l’OMC, font du libre échangisme la valeur absolue, quitte à passer par pertes et profits ces mêmes droits fondamentaux.
Le directeur général de l’OMC, lui-même, n’est pas sans s’étonner d’un tel comportement.
Un système commercial mondial au service de tous ne va pas sans une mondialisation juste et respectueuse des droits humains.
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Aussi, la CFTC vous demande, Madame la Ministre, d’user de toute votre influence et de celle de la France pour que les règles de l’OMC prennent en compte les normes internationales du travail. Sans cela, les règles du commerce international offrent une véritable prime aux entreprises pour qui la personne humaine n’est qu’un objet de production exploitable et jetable.
En attendant que l’Organisation du Commerce Mondial prenne en compte les normes sociales, la CFTC propose que nous mettions en place la traçabilité sociale des produits et services afin que le consommateur ait une vraie liberté de choix.
Vous trouverez, Madame la Ministre, en annexe une présentation de ce projet de traçabilité sociale, véritable outil pour une mondialisation humaine.
Restant à votre entière disposition pour échanger sur ce sujet,
Veuillez croire, Madame la Ministre, à l’assurance de ma haute considération.
Joseph THOUVENEL
Secrétaire Général Adjoint
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