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Les partenaires sociaux s'accordent sur une approche commune, et inédite, de la compétitivité Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
08-06-2011

Les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFTC, CFDT, CGC) établissent un « diagnostic commun » sur la compétitivité et s'accordent sur la nécessité de « repenser » le financement de la protection sociale.

Jamais très éloignée de la question du coût du travail, la question de la compétitivité est toujours source de polémiques. En témoignent les désaccords qui se sont fait jour en début d'année lorsque a été rouvert le débat sur les 35 heures et lors de la publication du rapport de COE-Rexecode sur les divergences de compétitivité entre la France et l'Allemagne. Dans ce contexte, les partenaires sociaux ont mené une démarche inédite : les organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats sur cinq (CFTC, CFDT, CGC) viennent de signer un document établissant un « diagnostic commun »sur la compétitivité. De plus de 40 pages, ce rapport intitulé « Approche de la compétitivité française » vise à« dépasser les approches idéologiques », comme l'affirment d'emblée les signataires. La CGT a refusé de participer au groupe de travail, tandis que FO n'a pas paraphé le document.

 

« Face à une perte de compétitivité, nous sommes sortis de la lutte des classes pour regarder la réalité en face, sans sujet tabou », indique Joseph Thouvenel (CFTC). « Pendant plus d'un an, syndicats et employeurs ont analysé tous les déterminants de la compétitivité en acceptant de dire que celle-ci ne se réduisait pas seulement au coût du travail », poursuit Frédéric Grivot (CGPME).

« Priorités »

Le rapport note que «  le coût du travail est considéré particulièrement important par les entreprises », tout en précisant qu' « il n'est pas exclusif » en matière de compétitivité. Les politiques de prix, l'organisation du travail, le financement et le développement des PME, l'innovation, la fiscalité, les relations entre donneurs d'ordres et sous-traitants sont autant d'éléments passés au crible. « Il faut améliorer à la fois ce que les économistes appellent la compétitivité-coût et la compétitivité hors coût »,insiste le rapport.

« Ce texte prouve que le dialogue social marche quand on lui laisse l'espace nécessaire », se réjouit Pierre Fonlupt (Medef) . « Nous creusons le sillon d'une approche beaucoup plus partagée et consensuelle des problématiques économiques », abonde Bernard Chambon, président de Rhodia Chimie. Une manière de répondre aux critiques de l'exécutif sur l'inaction des partenaires sociaux sur le partage de la valeur ajoutée.

 

"Nous sommes sortis

 de la Lutte des classes

 pour regarder la réalité en face."

JOSEPH THOUVENEL CFTC

 

Sous l'impulsion de la commission dialogue économique du Medef, syndicats et patronat s'étaient déjà accordés sur la mise en place en 2009 d'un « tableau de bord » de la situation économique. Mais, cette fois, ils ne font pas que collecter des indicateurs bruts. « Plutôt que de céder au "déclinisme" ambiant », les partenaires sociaux se sont mis d'accord sur un certain nombre de « priorités » visant à « valoriser et renforcer nos atouts ». Ils proposent en particulier de « repenser l'assiette du financement de la protection sociale », plaidant pour une nouvelle répartition entre l'impôt et les cotisations sociales. Le rapport note que les prélèvements obligatoires pèsent en France « plus qu'ailleurs sur les facteurs de production et en particulier sur le travail ». « Sur le coût du travail comme sur la protection sociale, patronat et syndicats ont chacun évolué », reconnaît Patrick Pierron (CFDT). Le texte ne va pas jusqu'à avancer des propositions de réforme. Mais ne serait-ce qu'identifier conjointement les défis à relever aurait été difficile il y a encore deux ans...

Les partenaires sociaux entendent utiliser ce document pour faire de la pédagogie auprès de leurs adhérents et comme référence lors des délibérations sociales. A l'approche de la présidentielle, c'est l'occasion de prendre position sur une thématique de la campagne à venir.

 
 
FRÉDÉRIC SCHAEFFER

 





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