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4 500 000€ 4 392 750 € 3928 399 € 3 780 000 € 3 600 000 €
Michel Rollier Franck Riboud Bernard Arnault Jean-Paul Agon Cristopher Viehbacher
MICHELIN DANONE LVMH L'OREAL SANOFI-AVENTIS
Salaires mirobolants, bonus exceptionnels, parachutes dorés, retraites chapeau… Régulièrement, des scandales liés aux revenus des grands dirigeants français éclatent, avec un risque de démotivation des salariés.
| Extrait d'une enquête du journal Le Parisien ( par Catherine Graciet) |
Après avoir marqué le pas au plus fort de la crise de 2008, les rémunérations des patrons des grandes entreprises françaises repartent à la hausse. Selon les « Echos », en 2010, les dirigeants du CAC 40 ont empoché plus de 98.3 millions d’euros de salaires avec une moyenne de 2,46 millions d’euros par individu. Soit une hausse de 24%, comparé, à 2009. Le mieux loti est Michel ROLLIER, à la tête du groupe MICHELIN, avec 4.5 millions d’euros. Il est suivi de Franck RIBOUD (DANONE) avec 4.4 millions d’euros et de Bernard ARNAULT 5LVMH) avec 3,9 millions d’euros.
Si on est loin des émoluments des présidents-directeurs généraux américains, ces chiffres passent mal auprès d’une opinion publique fragilisée par la crise. « Alors que la longévité de certains PDG à leur poste, qui représente un vrai risque pour les entreprises, passe inaperçue, c’est le niveau de rémunération qui coince », observe l’économiste Augustin LANDIER. Pour ce professeur de la Toulouse School of economics, « on est dans la névrose française liée au statut du dirigeant d’entreprise qui oscille entre le modèle du patron haut fonctionnaire et celui du patron mercenaire ». Fabrice Rémon, directeur général de Déminor, une société de conseil aux actionnaires minoritaires, pointe plutôt les comportements « choquants » de certains dirigeants comme Henri Proglio. « Lorsqu’il a été nommé PDG d’EDF en novembre 2009, il a conservé son poste de président non exécutif chez Veolia pendant quelque temps, pour pouvoir toucher sa retraite de Veolia » se souvient-il.
Pour autant les experts se gardent d’établir un lien direct entre la rémunération d’un dirigeant et l’évolution du cours de la Bourse ou les piètres performances de sa société : les sommes en jeu ne sont pas assez importantes.
En revanche, nombreux sont ceux qui dénoncent la dégradation du climat social au sein des entreprises. C’est le cas de Joseph THOUVENEL, secrétaire général adjoint de la Confédération Français des Travailleurs chrétiens (CFTC). « Le pacte social de l’entreprise est détruit car, aujourd’hui si l’entreprise va mal, on perd son travail mais si elle va bien, la redistribution des bénéfices est inégalitaire. Les salariés deviennent des hypers individualistes qui veulent un maximum en produisant un minimum » analyse-t-il.
Conscient des risques sociaux liés à la haine des élites financiaires qui monte en France, les pouvoirs publics tentent d’encadrer les rémunérations des grands patrons. En sept ans, pas moins de six lois ont été votées dans ce sens ! En 2008 , le gouvernement a même demandé au Medef de Laurence Parisot et à l’Association française des entreprises privées (Afep) d’accoucher d’un code éthique qui serait aujourd’hui dans l’ensemble appliqué.
Le parisien Economie lundi 23 mai 2011
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