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29-11-2011

Chronique de J. THOUVENEL du 08.11.2011 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

 

Les syndicats. On en parle, on profite de leur travail, parfois on les subit.

 

Mais qu’est-ce qu’un syndicat ?

 

Pour le uns, confortés par une imagerie prégnante et la pratique de  beaucoup d’organisations, les syndicats sont un outil politique, une sorte de bras armé révolutionnaire. L’avant-garde du prolétariat dans la dialectique marxiste.

 

Pour d’autres, syndicalisme rime avec immobilisme. Il représente la politique du refus de toute évolution avec pour mot d’ordre, « touche pas à mes avantages acquis ».

 

Si ces deux visions sont malheureusement trop souvent proches de la réalité, la faute n’en incombe pas au syndicalisme en lui-même, mais dans la mauvaise utilisation qui est faite par beaucoup de cet extraordinaire outil au service du monde du travail.

 

Il existe deux courants majeurs en France : d’un côté les révolutionnaires qui veulent renverser le capitalisme y compris par la violence si cela leur permet d’arriver à leur fin. Ils préconisent la grève générale et l’expropriation des capitalistes.

 

De l’autre côté, les réformistes qui veulent également changer en profondeur la société mais par la voie de la réforme et de la négociation. Ils rejettent la violence et la lutte des classes.

 

Si pour les uns, la fin justifie les moyens, pour les autres, la fin est dans les moyens comme l’arbre est dans la semence.

 

Dès 1891, dans l’encyclique Rerum Novarum, Léon XIII apporte un cadre de référence, encourage l’engagement social et la prise de parole dans les milieux chrétiens.

 

90 ans plus tard, Jean-Paul II est très clair dans Laborem Exercens. Non seulement il affirme que les syndicats sont un élément indispensable de la vie sociale mais il précise « la doctrine sociale catholique ne pense pas que les syndicats soient seulement le reflet d’une structure de classe de la société, elle ne pense pas qu’ils soient les porte-parole d’une lutte de classe qui gouvernerait inévitablement la vie sociale. Certes, ils sont les porte-parole de la lutte pour la justice sociale, pour les justes droits des travailleurs selon leurs diverses professions. Cependant, cette lutte doit être comprise comme un engagement normal en vue du juste bien, ici du bien qui correspond aux besoins et au mérite des travailleurs associés selon leur profession, mais elle n’est pas une lutte contre les autres. Si dans les questions controversées, elle prend un caractère d’opposition aux autres, cela se produit parce que l’on cherche le bien qu’est la justice sociale et non pas la lutte pour elle-même ou l’élimination de l’adversaire. »

 

« La caractéristique du travail est d’avant tout d’unir les hommes et c’est en cela que consiste sa force sociale, la force de construire une communauté. En définitive, dans cette communauté, doivent s’unir de quelque manière les travailleurs et ceux qui disposent des moyens de production ou en sont propriétaires. »

 

Chaque travailleur a, aujourd’hui en France, la possibilité de s’engager au sein du syndicat de son choix. Il existe même une organisation qui se réfère dans le premier article de ses statuts à la doctrine sociale de l’Eglise. Comme toute institution humaine, elle n’est pas parfaite. A nous de l’améliorer pour en faire cet outil porteur de justice sociale et d’union entre les hommes comme le revendique Jean-Paul II.

 

A la semaine prochaine.





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