Chronique de J. THOUVENEL du 26.04.2011 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous.
François BAROIN, ministre du budget, veut lier le versement de dividendes aux actionnaires à celui d’une prime pour les salariés des entreprises concernées.
Le ministre fixe même le montant de cette prime, « au moins 1000 € »
Si, en cette période de crise tout ce qui rajoute du pouvoir d’achat aux salariés est bon à prendre. Il reste la question de centaines de milliers de salariés des petites et moyenne entreprises où la distribution de dividendes n’existe pas.
La déclaration de François BAROUIN a un grand mérite, celui de poser clairement le problème du partage des profits.
En permanence la force de travail – les salariés- et les détenteurs du capital –les actionnaires- sont opposés.
Alors que les uns et les autres si ils visent le bien commun ont plus d’intérêts convergents que divergents.
C’est l’association du capital et du travail qui permet, d’inventer, d’innover, de produire et de développer.
Avec à la clef des bénéfices pour les entreprises.
Encore faut-il que ceux-ci soient équitablement répartis.
Et, c’est là que le bât blesse
En 2010 les actionnaires ont reçu 72 milliards de dividendes et les salariés 15 milliards en intéressement et en participation.
Chez l’ORÉAL les dividendes ont augmenté de 20% quand l’intéressement baissait.
Chez UNILEVER pas d’augmentation de salaire mais 26 cadres se partagent 480.000 €.
C’est non seulement injuste, mais de plus complètement démobilisateur pour les salariés.
Répartir les bénéfices à l’égalité entre travail et capital, c’est ce que prônait ce gauchiste appelé Charles DE GAULLE.
Celui-ci proposait la règle du tiers.
Un tiers pour les investissements, un tiers pour les salariés, un tiers pour les actionnaires.
Cette règle s’appliquant quelle que soit la taille de l’entreprise.
La CFTC demande depuis des années, que l’on pause comme principe la règle des trois tiers. Celle-ci étant susceptible d’exception, comme par exemple pour les entreprises nouvellement créées, qui peuvent avoir besoin d’investir massivement.
Sommes-nous de doux rêveurs, ignorants des réalités économiques et industrielles ?
Si c’est le cas, nous ne sommes pas les seuls !
Serge DASSAULT ne déclara-t-il pas : « Cet égalitarisme entre les tenants du capital et du travail est le seul vrai moyen d’éliminer l’esprit des luttes des classes ».