Chronique de J. THOUVENEL du 30.08.2011 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Déficit oblige !
Cette rentrée s’effectue sous le signe de la rigueur.
Chacun à conscience que l’Etat et les collectivités locales doivent gérer au plus près les deniers publics.
Dans ce contexte, nous sommes particulièrement choqués, quand nous apprenons que les enfants d’un riche anglais, ayant élu résidence secondaire dans le Lot, se sont domiciliés en France pour bénéficier de la CMU.
Nous trouvons normal que soit sanctionné ce quidam qui s’était inventé une famille nombreuses et percevait les allocations familiales dans une dizaine de département.
Et que dire de ce médecin des Hauts de Seine qui a jeté par-dessus les moulins, le serment d’Hippocrate pour ce spécialiser dans les fausses ordonnances, fausses déclarations et fausses factures. Selon les bordereaux que recevait la Sécurité Sociale, ce praticien travaillait 60 heures par jour.
Frauder, ce n’est pas seulement tirer un avantage financier indu en utilisant tromperie et fausse déclaration !
C’est aussi vivre au détriment de la collectivité et de ceux qui la financent.
Ce n’est pas simplement la Sécurité Sociale et la Caisse d’Allocations Familiales qui sont grugées, c’est également vous, moi, votre boulanger et votre marchand de légumes.
Enfin, tous ceux qui participent à notre protection sociale en cotisant.
Vu sous cet angle, qui est celui de la responsabilité de chaque personne, dans le bon ou le mauvais fonctionnement de nos systèmes collectifs. Comment qualifier le comportement de cette jeune fille, planifiant 6 mois de chômage pour pouvoir entièrement se consacrer à la préparation de son mariage. Ce qui lui a donné tout le temps de rédiger de fort belles intentions de prière, notamment celle dédiés aux plus pauvres.
Que dire de ce pharmacien diplômé, à qui on propose un poste fixe et qui refuse, préférant un contrat à durée déterminée « parce que vous comprenez, je travaille un an et avec ma prime de précarité et le chômage je peux voyager et découvrir le monde pendant plusieurs mois. »
Et cette intermittente du spectacle, qui crie misère 6 mois de l’année (revenu mensuel net officiel, y compris les 6 mois sous contrat, flirtant avec les 3000 euros) grâce au somptueux système d’assurance chômage des gens du spectacle, et qui en plus donne des cours de chant au noir – règlement en liquide obligatoire.
A l’exception de la petite gratte musicale ; 25 euros la demi-heure tout de même ; jeune mariée, pharmacien et intermittente n’ont aucune conscience de frauder et de faire du tort à d’autres.
Ceux qui pourraient bénéficier d’un meilleur accompagnement social, par exemple, si nous avions plus de moyen à mettre en œuvre pour chaque personne en difficulté.
Interrogé, notre pharmacien voyageur répond, comme l’ex-petite fiancée, « j’y ai droit », « Je ne fais que retrouver les cotisations que j’ai déjà versées ».
Raisonnement mortel !
L’effort demandé à tous, pour que nous bénéficiions d’un système de protection social performant, n’a de sens que si nous y faisons appel qu’en cas de nécessité et non pour s’organiser une vie plus confortable.
Il n’existe pas de solution collective sans un minimum de discipline individuelle, pas de contrat social qui tienne sans respect des devoirs qui vont avec les droits.
C’est très exactement ce que nous dit la doctrine sociale de l’Eglise, qui n’a d’intérêt que dans sa mise en pratique effective par chacun de nous.
A la semaine prochaine et bonne rentrée à toutes et à tous !