Chronique de J. THOUVENEL du 15.03.2011 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous !
L’hiver touche à sa fin et nous n’avons pas connu de panne d’électricité géante.
Ouf ! ça ne sera pas pour ce coup ci !
Parce que le grand noir nous guette et se rapproche. La raison ? Le vieillissement de notre réseau de distribution, alors que notre consommation nationale est en augmentation constante.
Un réseau, cela s’entretient. Les ouvrages doivent être remplacés au fur et à mesure, avant d’être vétustes, condition sine qua none pour pérenniser le système.
Evidemment, cela coûte !
C’est autant d’argent qui ne revient pas aux actionnaires car, aujourd’hui, le capital d’EDF a été ouvert, et ceux qui y sont rentrés ne l’ont pas fait pour assurer le bien‑être des populations, mais pour gagner de l’argent, réaliser du profit, de préférence rapidement, et en grande quantité. Et on ne peut pas le leur reprocher, c’est la règle du jeu.
Mais quand il s’agit du service public, c'est-à-dire un service essentiel pour nos concitoyens et notre économie, l’Etat a le devoir de veiller à ce que celui-ci fonctionne, en priorisant le bien commun avant les profits de quelques-uns.
Or, investir dans les réseaux de distribution est ce qui rapporte le moins.
C’est pour cette raison que les coupures d’électricité se multiplient. Entre 2007 et 2010, le temps moyen de coupure d’électricité en France a été multiplié par 3.
Après la tempête de 1999, les experts avaient planché. Résultat : il fallait investir 550 millions d’euros par an, jusqu’en 2017, pour consolider le réseau. Or, EDF n’y consacre que 170 millions par an.
Vous pouvez donc préparer vos bougies. Si ce n’est pour aujourd’hui, ce sera pour demain, et je vous promets qu’après la grande coupure qui désorganisera notre pays, on mettra sur pied une belle commission d’enquête, avec saisine du Parlement, interpellation de l’opposition...
Certains ressortiront les 10 milliards investis dans les années 90 en Amérique du Sud par EDF, qui se sont révélées des opérations calamiteuses, d’autres nous diront que c’est la faute de l’Europe, quelques cadres dirigeants seront mis au placard doré, un Ministre démissionnera...
Cela fera une bien belle agitation.
Ou alors, l’autorité publique change le statut d’EDF, en y mettant les garde-fous nécessaires, en veillant au respect des obligations en matière d’entretien et de développement du réseau.