Chronique de J. THOUVENEL du 07.06.2011 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Comme tous les ans à la Pentecôte, nombreux sont ceux qui profiteront de ces trois jours pour se retrouver en famille, participer à des animations diverses – férias, brocantes, rassemblements sportifs ou culturels.
Les chrétiens ne seront pas en reste, entre pèlerinages, rencontres diocésaines, mariages ou baptêmes, c’est carton plein pour la Pentecôte.
Autant d’occasions de partage, voir de prières.
Dans une société au matérialisme dominateur, nous ne pouvons que nous réjouir de ces indispensables respirations.
L’être humain n’est pas qu’un producteur/consommateur, il a besoin de temps collectifs pour vivre pleinement son humanité et sa transcendance.
Très bien !
Mais que faisons-nous pour que chacun puisse bénéficier de cet héritage de nos pères ?
Combien d’entre-nous se refusent à aller dans les grandes surfaces le dimanche ?
Combien ont protesté auprès de leur maire ou de leur député jeudi dernier, jour de l’Ascension, parce que près de chez eux, des centres commerciaux ou des grandes surfaces ont ouvert ?
Combien se sont intéressés au sort de ces salariés privés de vie familiale un jour férié ?
Savez-vous que bien souvent, ils ne sont pas plus rémunérés qu’un autre jour ?
Combien se sont interrogés sur le véritable sens de la journée dite « de solidarité » ? Ce jour où les salariés sont obligés de travailler sans être payés.
Ce qui, sur notre continent, ne s’était pas vu depuis la journée du parti en union soviétique !
Ceux qui l’ont fait, ont appris que cette journée était tout sauf solidaire.
Comment justifier que le smicard soit soumis à une corvée à laquelle échappe le cardiologue ou le conseiller fiscal ?
Que vous travailliez ou ne travailliez pas à la Pentecôte, ou tout autre jour de l’année, n’apporte ni ne retire un seul centime au financement de la dépendance.
La Caisse Nationale dite « de solidarité » étant alimentée par une taxe mensuelle sur les salaires de 0.3%.
Vous pouvez le vérifier sur n’importe quelle fiche de paie, ligne contribution de solidarité.
Combien se sont interrogés sur la notion de juste salaire, prôné par la doctrine sociale de l’Eglise et son adéquation, ou non, avec l’obligation de travailler gratuitement ?
Un petit nombre, une minorité, de celle qui avec la CFTC et les amis du Lundi ont réuni plus de 150.000 signatures pour sauvegarder le lundi de Pentecôte.
Mais combien, par exemple, marcheront de Paris à Chartres, oriflammes aux vents, cantiques à la bouche, évangile en sautoir, agissant en consommateurs de pèlerinages, pour lesquels c’est bien pratique d’avoirtrois jours de congés ?
Sans se poser la question : grâce à qui, grâce à quoi, pouvons-nous arpentés les plaines de la Beauce ? Et que dois-je faire pour transmettre ce que je reçois aujourd’hui ?