Chronique de J. THOUVENEL du 21/12/2010 sur Radio Notre Dame
(100.7)
Lire la chronique c'est bien! L'écouter c'est encore mieux.
Bonjour à toutes et à tous !
J’espère que les auditeurs voudront bien m’excuser, je suis incapable de tenir ma chronique ce matin. Cette nuit, j’ai été cambriolé ! Sans bruit, en douceur, sans trace d’effraction, pas de violence constatée, si ce n’est celle de voir disparaître le bien dont j’avais la charge.
Mais le pire, le plus traumatisant, c’est que je me suis rendu compte que ce n’était pas la première fois !
Tout à commencé il y a 2 ans, et depuis cela n’a fait que prendre de l’ampleur. Jugez-en...
Syndicalistes, nous co-gérons, avec le patronat, un certain nombre d’institutions comme l’AGEFIPH, l’Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées.
En 2008, hop ! L’Etat a prélevé 50 millions d’euros dans les caisses de l’association. En octobre de cette année, récidive pour 60 millions !
Bon prince, le gouvernement précise que la ponction s’étalera sur 24 mois. Cette mesure fait suite à « un prélèvement exceptionnel » de plusieurs centaines de millions d’euros sur les fonds paritaires de sécurisation des parcours professionnels programmés au budget 2011. Un fond sans grande utilité puisqu’il a été créé par les partenaires sociaux pour former 700 000 chômeurs et salariés peu qualifiés par an.
Tant pis pour eux et pour ceux qui s’étaient déjà engagés dans des actions de formation qui ne pourront pas être menées à leur terme.
Après tout, déjà qu’ils sont chômeurs et encombrent les services de Pôle Emploi, ils ne vont pas en plus venir nous bassiner avec des histoires de formation !
Citoyen, ton métier a disparu, tu n’avais qu’à faire pareil !
Patronat, syndicat, vous agissez intelligemment ensemble au bénéfice des salariés mais cessez donc ! Retournez à vos postures habituelles !
Affrontez-vous !
Créez-vous un bon conflit, bien médiatique ! Vous passerez au 20 heures et le gouvernement pourra au final montrer ses petits muscles et jouer au coq dans la basse-cour, sur l’air de « t’as vu qui c’est le balaise qui ne se laisse pas faire". cessez de râler quant on ponctionne le logement social de 340 millions d’euros
pour cause de disette budgétaire ! Tout ce que l’on vous demande, c’est de continuer ensemble à collecter les fonds que le Moloch étatique avalera par la suite.
J’angoisse tellement à l’idée que peut-être un jour on empêchera le gouvernement de nous faire les poches, que je suis incapable de faire ma chronique ce matin...
Veuillez m’excuser.
et « les bras en l’air, c’est un hold-up » comme dirait Bercy !