Chronique de J. THOUVENEL du 10.05.2011 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous.
Il y a 140 ans, fleurissait la commune de Paris.
Pour beaucoup, le soulèvement parisien serait porteur de démocratie, d’avancée sociale et de bonne laïcité.
Réalité ou propagande ?
1870 : les Allemands encerclent Paris.
Les armées envoyées au secours de la Capitale sont battues l’une après l’autre.
Le gouvernement républicain de défense nationale signe la capitulation. Il est vilipendé par une minorité, révolutionnaire et cocardière, qui se lance dans la provocation (insurrection de la garde nationale qui devient l’autorité de fait dans la capitale).
L’Assemblée, réfugiée à Versailles, réprime : Elle décide la suppression de la solde des gardes nationaux et l’annulation des délais de paiement accordés aux locataires.
Ces mesures, si elles étaient pérennes, conduiraient à la misère la plupart des salariés, boutiquiers et artisans de la Capitale.
Nouvelle provocation : en mars 1871, deux généraux qui tentent de reprendre le parc d’artilleries de la garde nationale, sont assassinés par la foule.
En avril, affrontements avec les troupes versaillaises.
Nouvelle répression : des prisonniers communards sont fusillés.
L’engrenage infernal ne s’arrêtera qu’après un bain de sang.
Les troupes versaillaises entrent dans Paris, la répression est barbare, on fusille prisonniers et suspects.
Au total, environ 20.000 personnes en seront victimes.
Varlin, un communard, est reconnu par un officier Versaillais. Ses mains sont liées derrière le dos ; il est conduit à Montmartre, frappé à coups de crosses tout au long du chemin et à demi lynché par une foule hurlante. Son visage est une bouillie sanglante. Incapable de se tenir debout, il est fusillé assis sur une chaise.
En parallèle, les communards incendient les bâtiments publics, massacrent leurs otages au nombre d’une centaine dont beaucoup de religieux innocents.
Rue Haxo s’agglomère une foule assoiffée de sang, des cris de haine retentissent autour des otages : « A bas les calotins ! A mort ! ».
Les fédérés abattent les otages par groupes de trois ou quatre. On achève les blessés. On crible de balles les corps inertes, on les larde de coups de baïonnette, on les martèle à coups de crosse.
La commune de Paris fut le mélange d’un nationalisme exalté et irresponsable avec des revendications sociales et politiques nourries de mythes révolutionnaires.
Les conséquences : un déchainement de violences, d’injustices et de sauvageries.