Chronique de J. THOUVENEL du 22.02.2011 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous !
Il y a quelque temps, pour expliquer la position de la CFTC sur un dossier, je citais le caractère sacré de la dignité de tout être humain. Un de mes interlocuteurs m’opposa le fait qu’il s’agissait là d’une opinion appartenant à la sphère privée, et non d’un positionnement syndical.
Jugeons-en !
Le rôle d’une organisation syndicale est de représenter et de défendre les salariés. Doit-on pour cela, trier entre les personnes ? Celles que l’on jugerait dignes d’être défendues et les autres ?
Cela amènerait à considérer que la valeur de l’homme est relative.
Le vieillard délaissé au fond d’un hospice, n’ayant plus de force de production, peu de force de consommation et représentant plutôt un coût pour la société, devrait être moins bien considéré que le jeune cadre dynamique, pétant la forme et plein d’avenir !
Cela s’appelle du matérialisme, la valeur humaine serait quantifiable et donc, relative.
« L’homme dépasse infiniment l’homme » disait Pascal. L’homme vaut infiniment plus que ses qualités et ses défauts. Pour l’humaniste chrétien, tout homme a une dimension spirituelle en complément de sa réalité matérielle.
Cette dimension ni quantifiable, ni pesable, ni mesurable est pourtant ESSENTIELLE.
C’est elle qui confère à chacun une dignité absolue.
Bref, pour la CFTC, la dignité, c’est sacré !
Dignité absolue de chaque personne signifie que celle-ci n’est relative ni à son sexe, ni à sa race, ni à sa catégorie sociale, ni à un éventuel handicap, ni à l’intelligence ou l’instruction, ni à l’apparence physique.
Oui, nous l’affirmons. Un salarié a la même valeur qu’un chef d’entreprise, et vice-versa.
Avant le christianisme, l’honnête citoyen romain pouvait sans l’ombre d’un remord, se réjouir du spectacle d’hommes et de femmes dévorés par les fauves dans l’arène.
Chaque fois que les hommes ont transgressé cette valeur sacrée de la personne humaine, notre histoire est devenue barbarie. Ce fut l’immense faute des Robespierre, Lénine et autre Hitler.
C’est toute la spécificité de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens, que de prendre position sur les grands dossiers économiques et sociaux en s’inspirant de la doctrine sociale de l’Eglise. Cela peut déplaire ou cela peut plaire, mais ce n’est pas près de changer !