Chronique de J. THOUVENEL du 22.03.2011 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous !
« Tout ceci tombe très mal. Ça se passe à un moment où l’économie mondiale commençait tout juste à repartir. »
Ces fortes paroles ont été prononcées le vendredi 18 mars, sur France 2.
Mais de quoi s’agit-il ?
D’une soudaine remontée des taux d’intérêts ?
De la disparition des stocks d’or de la Réserve Fédérale Américaine, déstabilisant d’un coup le Dollar ?
De la découverte de systèmes espions au sein de logiciels Microsoft obligeant les entreprises du monde entier, à l’exception des américaines, à changer l’ensemble de leurs systèmes informatiques ?
« Tout ceci tombe très mal. Ça se passe à un moment où l’économie mondiale commençait tout juste à repartir. »
C’est mot pour mot, une déclaration de Mme PARISOT, la patronne des patrons, à propos du tremblement de terre et du tsunami au Japon.
Des dizaines de milliers de morts et de disparus, des enfants sans parents, des parents errant dans des décombres d’apocalypse pour retrouver leurs enfants, si ce n’est vivants, au moins leurs dépouilles.
Des vies brisées, cassées, anéanties.
Un pays sinistré, un risque nucléaire avéré.
Ce n’était pas le bon moment.
Vous vous rendez compte ? Cela risque de nuire au business !
De gripper ce merveilleux système qui à coups de spéculations délirantes, a ruiné des centaines de milliers de foyers, a jeté à la rue des familles entières après saisie de leurs habitations et a permis aux stars de salles de marchés d’empocher des millions de dollars de bonus !
La preuve, la bourse de Tokyo a immédiatement décroché après le séisme.
Vraiment, ce n’était pas le bon moment !
En véritable générale en chef de l’entreprise France, la patronne du MEDEF, a tout de suite pris la mesure de la situation, elle ajoutait aussitôt : « Même si les entreprises françaises sont très présentes au Japon, les exportations françaises dépendent assez peu de l’économie japonaise, car l’économie japonaise est une économie qui importe peu. »
Ce n’est peut-être pas l’avis des japonais !
Mais au-delà du terrible drame humain, quelle étrange conception de l’entreprise que celle qui ignore que l’on peut se passionner pour son métier, ses savoir-faire, la réalisation d’un projet, aimer le travail bien fait et souffrir de voir le déchaînement des éléments mettre, en quelques minutes, à bas les efforts d’une communauté de travail.