Chronique de J. THOUVENEL du 08.02.2011 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous !
Rappelez-vous, il n’y a pas si longtemps.... si l’on voulait moquer un type d’éducation suranné, un peu bébête, pas méchant mais ringard : on parlait de la BA, cette bonne action quotidienne au cœur de la pratique scoute.
L’archétype de cette niaiserie étant ce brave boy-scout faisant traverser la rue à une vieille dame.
Dans l’entreprise, face au performant, au gagneur, au flingueur, le gentil n’avait qu’à disparaître. Il représentait une sorte d’australopithèque arriéré, comparé au moderne dominant, incarné par le commercial sûr de lui, tous crocs dehors, construisant sa réussite dans un univers forcément impitoyable.
Seule la haute conscience qu’il avait de lui-même, ses remarquables qualités individuelles, surmontées d’un égo XXL, permettaient au stakhanoviste de la réussite d’arriver en haut de l’affiche.
L’homme nouveau était né, il peuple les salles de marchés et les clubs de bronzage fitness, cette quintessence de la réussite matérialiste.
Patatras !
La science vient au service du scoutisme. Être gentil, porter attention aux autres, c’est bon pour la santé, nous dit le Docteur Stephan EINHORN, spécialiste suédois de la question.
« Quand vous faites une bonne action, vous activez une zone liée au plaisir dans le système mésolimbique du cerveau » nous dit-il « la même que celle qui est activée par les drogues, la bonne nourriture et la sexualité ».
La science le démontre :
-celui qui pardonne, ménage ses artères ;
-celui qui fait du bénévolat se préserve de la dépression.
A quand la gentillesse remboursée par la sécurité sociale ?
D’après l’université de Vancouver, la gentillesse et son corollaire, la générosité, ouvrent les portes du bonheur.
A revenus égaux, les personnes qui donnent à des associations seraient plus heureuses que les individus qui dépensent leur argent pour eux-mêmes.
Et les chercheurs canadiens d’ajouter : « Dans l’entreprise la gentillesse pourrait être un facteur important de réussite, en nous évitant de prendre nos collègues de front, sans les blesser, mais en apprivoisant nos collègues avec tact ».
Alors, amis de Baden-Powell, toujours prêts pour la bonne action quotidienne qui préserve la santé, apaise les tensions et vous rend plus performants. C’est vous les modernes, c’est eux les ringards !
Comme quoi, il n’est bien de richesses que d’homme.