Chronique de J. THOUVENEL du 08.03.2011 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous !
Madame PARISOT, Présidente du MEDEF, vient de déclarer que le partage des profits par tiers – employeurs, actionnaires et salariés – était une vue de l’esprit.
A une petite réserve près, vous avez raison Madame !
Celle-ci concerne le terme « employeur ». Dans le triptyque, il s’agit en fait d’entreprise. L’idée étant qu’un tiers des bénéfices reste à l’entreprise pour lui permettre d’investir ou de constituer des réserves.
Si ce tiers revenait à l’employeur, personne physique, celui-ci passerait deux ou trois fois à caisse : une fois comme employeur, une fois comme salarié, une fois comme actionnaire.
Ce n’est certainement pas l’idée de Mme PARISOT.
Quoique !
Vue de l’esprit, dites-vous, Madame ! Certainement !
Poser le principe d’une distribution équilibrée des profits entre travailleur, apporteur de capital et entreprise est non seulement un acte de justice économique et sociale, mais aussi la reconnaissance de la valeur « travail » au sein de notre système de production.
C’est affirmer, concrètement, le choix d’une société basé sur la complémentarité et la participation de chacun, et non sur le rapport de force, la lutte des classes et la loi du plus fort.
C’est bien une vue de l’esprit ! Au sens d’un principe de la vie intellectuelle qui permet de bâtir une citée harmonieuse.
Le chrétien pourra y voir le spiritus originel, le souffle de Dieu, qui donne une âme à la matière.
Je n’irai pas jusque là, craignant d’outrepasser votre pensée !
Bien entendu, ce partage en trois tiers doit être vu comme un principe pouvant souffrir maintes exceptions.
Entreprise récemment créée, secteur demandant un gros effort d’investissement, etc., etc.
Mais poser la règle, c’est déjà faire toute sa place aux salariés, y compris au moment du partage des bénéfices.
Selon vous, Madame, il y a des moments où il faut distribuer un tiers, d’autres deux tiers, et des moments où il ne faut pas distribuer du tout.
Je crois surtout qu’il y a des moments où il faut cesser les incantations et les déclarations d’intention pour passer aux actes.
A ce propos, vous connaissez beaucoup d’entreprises du MEDEF qui, un jour, ont redistribué les deux tiers de leur bénéfice à leurs salariés ?