Chronique de J. THOUVENEL du 28.12.2010 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous !
J’avais envisagé en ce temps de la nativité, de vous écrire un conte de Noël.
L’actualité vous en a préservé... Et pourtant !
Il était une fois, en la bonne ville d’Annecy, une société nommée ADIXEN : leader mondial des technologies du vide.
Cette filiale d’Alcatel se portait fort bien puisqu’en l’an de grâce 2010, où elle vit son chiffre d’affaires multiplié par deux.
Le seigneur des lieux, évoquant lui-même des résultats jamais atteints, « historiques » !
Les représentants des manants firent valoir que pour servir les clients et honorer les commandes, le petit peuple avait versé moult sueur, en sacrifiant pour les uns vie de famille, pour les autres ripailles avec les compagnons d’après labeur, et que cela justifiait le versement de quelques bons écus pour la Noël !
Nenni ! leur fut-il répondu du côté du château !
Face à ce refus, les croquants déposèrent outils, crayons et autres ustensiles de travail.
En un mot, ils chômèrent.
Les princes qui gouvernent ADIXEN ne manquent pas de conseillers avisés, formés à l’école de Machiavel.
Ils convoquèrent les représentants des corporations et leur donnèrent le choix entre 130 euros pour les 550 salariés de l’entreprise ou 410 euros uniquement pour les intérimaires.
« DIVIDE ETIMPERA » diviser pour régner, telle était la stratégie.
La réponse des vilains claqua comme un soufflet.
Point ne voulons de vos écus distribués de mauvaise grâce et qui en rien ne correspondent à la valeur de notre tâche.
A nos frères précaires dits « intérimaires » vous verserez cette gratification, fruit du travail des hommes et gage de la solidarité entre gens de même état.
Ainsi devra être fait.
Mais point n’est sûr que le courroux du peuple fut apaisé, car en la baronnie d’Alcatel, l’on garde en mémoire les sommes mirobolantes allouées à l’ancienne directrice générale, malgré ses résultats catastrophiques, comme ce parachute doré de 6 millions d’euros.
Soit 372 ans du salaire minimum en vigueur au royaume de France.