Quand la CFTC bat la CGT, les effets sont surprenants
14-12-2010
Chronique de J. THOUVENEL du 07.12.2010 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Nous allons nous intéresser aujourd’hui à la troisième Assemblée Parlementaire de la République : le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) situé dans le très chic 16ème arrondissement parisien, au sein du Palais d’Iéna sis sur la colline de Chaillot, face à la Tour Eiffel.
En cet auguste lieu, classé monument historique, membres du patronat, syndicalistes, représentants des associations familiales, de la mutualité, du consommateur, des territoires d’Outre Mer, des entreprises publiques, des professions libérales et autres personnalités qualifiées en matières économiques, sociales, scientifiques, culturelles ou environnementales, examinent et suggèrent des adaptations économiques ou sociales rendues nécessaires notamment par les techniques nouvelles.
Le Conseil est souvent utilisé par les gouvernements ou des groupes de pressions pour tester de futures évolutions législatives. Ce fut le cas, par exemple, pour le travail du dimanche avec pour résultat un rapport largement favorable au maintien du repos dominical, à la grande déception de ses initiateurs qui s’empressèrent de ne pas suivre la préconisation de notre assemblée constitutionnelle consultative.
Au mois de novembre, comme tous les 5 ans, le Conseil a été renouvelé et ses membres ont été appelés à élire un Président et 5 Vice-présidents. Ce fut l’occasion de mesurer la capacité d’influence ou le degré de sympathie des différents courants de pensée au sein de ce qui se veut une photographie du pays réel.
Dans un jeu d’équilibre très 4ème République, une des Vice-présidence revient traditionnellement aux organisations syndicales. Deux syndicats étaient en compétition pour ce poste. La CFTC, représentée par Michel Coquillion, membre du Bureau Confédéral de la centrale chrétienne, dont l’engagement catholique n’est un secret pour personne, et la CGT.
En ce haut lieu de la République, temple de la démocratie, c’est avec solennité que le vote eut lieu.
Résultat : CFTC 115, CGT 112, la Vice-présidence échappait au camarade de Montreuil pour revenir aux sociaux-chrétiens.
SAUF, Sauf que, celui qui fut pendant 3 ans ½le conseiller social du Président Sarkozy, le véritable ministre du travail comme le qualifient nombre d’observateurs, veillait au grain et sur les ententes complexes et mystérieuses qui font tout le charme d’une démocratie bien dirigée;à la proclamation des résultats, ses voisins le virent blêmir, puis rougir pour enfin se précipiter sur son téléphone portable – coup de fil qui n’a sans doute rien à voir avec la création post‑élection d’une 6ème Vice-présidence sur instruction de l’Elysée, permettant à la CGT d’avoir la responsabilité que les urnes lui refusait.
Qui a dit que le Château ne s’intéressait pas aux masses populaires ?