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07-03-2011


Chronique de J. THOUVENEL du 01.03.2011 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

 

Vous n’avez certainement pas eu connaissance du décès d’Alphonse BREGOU, cet aveyronnais dont le nom signifie « celui qui parle fort ».

 

Et pourtant, il aura marqué des générations de syndicalistes chrétiens en assurant avec conviction, pendant plus de 15 ans, la direction de l’Institut syndical de formation de la CFTC.

 

C’est parce qu’il avait été profondément choqué par l’affirmation d’un secrétaire général de l’action catholique ouvrière, qui, dans un texte, parlait de la « signification chrétienne de la lutte des classes » qu’Alphonse s’était mis à travailler sur le lien direct entre le syndicalisme et la doctrine sociale de l’Eglise.

 

Dans ses formations, il nous faisait découvrir la riche histoire des catholiques sociaux. Du témoignage bouleversant du Docteur Villermé paru en 1840 sur « l’état physique et moral des ouvriers ». « Dans les ateliers de tissage et dans les usines, la journée de travail est généralement de 14 heures » « on voit dans les fabriques des enfants de 5 à 6 ans. J’en ai vu de 4 ans ½ » écrivait-il.

 

En passant par le combat de Marie-Louise ROCHEBILLARD, créatrice dès le XIXème siècle des syndicats féminins chrétiens, rédactrice d’un journal consacré au travail des femmes, initiatrice de cours professionnels pour les jeunes filles.

 

Alphonse, quand tu nous décrivais ces combats sociaux, avec ton accent rocailleux et chantant, tu semblais les vivre.

 

De l’encyclique Rerum Novarum, tu disais qu’elle était la « charte sociale » de l’Eglise catholique, posant bien le problème : « la richesse a afflué entre les mains du petit nombre et la multitude a été laissée dans l’indigence ». Et la solution : « il convient de préciser avec justesse les droits et les devoirs qui règlent les relations des riches et des prolétaires, des capitalistes et des travailleurs ».

 

Et puis, bien sûr, comme un soleil éclatant, un souffle de paix et de force, un regard d’humanité nous amenant au divin, tu parlais de l’arrivée de Jean-Paul II sur le trône de Pierre. Ce futur Saint, disais-tu.

 

De ton vécu africain, tu gardais le sens du lien direct et le goût d’un certain dépouillement.

 

Tes talents de musicien, ce n’est plus sur l’harmonium de ta paroisse que tu les exprimes, mais directement auprès du bon Dieu.

 

Et entre deux accords, tu dois bien placer une petite revendication : « Macarel, très puissant, Karol béatifié, c’est bien, mais Santo Subito, ça serait mieux ! ».

 

Adieu Alphonse et merci !





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