...à ceux qui l’ont contacté pour soutenir un candidat à l’occasion des présidentielles.
Chronique de J. THOUVENEL du 08.05.2012 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Comme beaucoup d’entre vous, j’ai reçu, ces deux dernières semaines, moultes sollicitations pour voter pour l’un des deux finalistes à l’élection présidentielle.
Certaines construites, d’autres brinquebalantes, certaines enflammées, d’autres factuelles, certaines implorantes, d’autres menaçantes.
Toutes provenant de citoyens engagés, convaincus, s’intéressant à la chose publique et à l’avenir de notre pays.
Qu’il est satisfaisant de constater que nombre de nos compatriotes s’engagent par la plume ou le verbe à un des moments forts de la vie démocratique : l’élection du Président de la République.
Un léger bémol tout de même...
Comme en toute chose, c’est le travail quotidien, souvent modeste, qui permet de construire durablement. Or, beaucoup des conseillers engagés qui m’ont contacté sont à ma connaissance peu impliqués au quotidien dans la vie de la cité.
Pour ne prendre qu’un seul exemple, combien de ceux qui critiquent les syndicats, parfois à juste titre, prennent le risque de s’engager au service des autres et du bien commun dans leur entreprise ?
Combien sacrifient une partie de leur carrière professionnelle pour aller négocier au niveau de leur branche professionnelle ?
Combien mettent leur savoir-faire, leur compétence au service du monde du travail ?
Peu, trop peu !
Comme le disait le 1er mai, sur cette antenne, Clément de Villepin, DRH du groupe Degrémont : nous avons beaucoup de mal à avoir des salariés qui prennent des responsabilités syndicales.
Ah ! Bien sûr cet engagement est fréquemment obscur, peu valorisé, voire dévalorisé. C’est une tâche difficile de défendre le bien commun et non quelques intérêts catégoriels ou financiers.
Syndicaliste, vous ne verrez jamais couler l’eau d’un puits que vous avez participé à creuser.
Mais si vous faites correctement votre travail, grâce à vous, des mères qui vous resteront inconnues, pourront s’occuper le soir des devoirs de leurs enfants. Des familles profiter d’un dimanche, des salariés injustement traités se voir reconnaître leurs droits. Des entreprises retrouver l’esprit de communauté de travail, réunissant salariés et dirigeants dans un but commun.
Syndicaliste, vous pouvez être le lien vivant, actif, entre le travail de nos parents qui nous ont légué un pays dont nous pouvons être fiers. Une terre où les hommes et les femmes bénéficient de solidarités protectrices et nos enfants, à qui nous avons le devoir de transmettre une France plus forte, plus saine, plus humaine.
Plus fidèle aux promesses de son baptême, comme aurait dit le bien heureux Jean-Paul II. Vous savez, un de ces papes qui ont affirmé la légitimité du syndicalisme et appelé les chrétiens à s’engager !
Et ils ne parlaient pas d’un engagement ponctuel, le temps d’une élection, mais de l’effort constant et durable, de celui qui permet de bâtir des cathédrales.
Dans quelques jours vous allez succéder aux 40 rois qui ont fait la France, et aux 2 empires et 5 républiques qui l’ont poursuivi.
La France, la terre de nos pères, aussi diverse qu’étonnante, où se côtoient des citoyens par héritage, par le sang versé ou pour certains, par le hasard du lieu de naissance.
Je ne doute pas, Monsieur le Président, que vous l’aimiez cette terre d’histoire et de civilisation. J’en serai d’autant plus sûr, quand vous cesserez, vous et vos proches, de parler de « CE pays » pour dire « MON pays ». Je n’ose évoquer le mot de patrie, tant celui-ci a été galvaudé. Les uns s’abritant de son ombre pour ériger des guillotines, les autres profitant de sa force pour traquer les différences.
J’ai pu mesurer, au cours de cette campagne, combien vous étiez sensible aux soutiens de ceux que l’on nomme « les peoples ». Aussi, céderais-je la parole à quelques-uns d’entre eux ayant pour caractéristique d’aimer notre pays sans en être citoyen :
Comme Kristin Scott Thomas, actrice Anglaise qui parle « d’un pays avec des paysages magnifiques, un pays de grande liberté qui offre une qualité de vie supérieure à celle de nombreux pays anglo-saxons ». Et de citer, notamment, la sécurité sociale, les congés maternité, l’hôpital public.
Ou Steven Kaplan, historien Américain, qui s’exclame dans les colonnes du Figaro magasine : « La philo enseignée au lycée, voire au café : quelle folie grandiose ! » et de poursuivre « La langue Française chante pour moi dans toutes ses variations comme le pain qui chante en sortant du four ».
William Christie, chef d’orchestre, parle, lui, de « ce raffinement à se nourrir autant des textes de Molière que des notes de Rameau ou des lignes d’un paysage maîtrisé » loin « de l’uniformisation du goût ».
Jusqu’à la star du cinéma Chinois, Geng Le, déclarant : « ce que les Français ont de plus séduisant, c’est qu’ils montrent au monde entier que le travail ne constitue pas l’essentiel de la vie ».
Johnny Depp, lui, parle « de la France qui m’a tout apporté. Une famille merveilleuse, mais aussi un équilibre qui me manquait. ».
Je pourrai en citer encore beaucoup d’autres, Monsieur le Président, comme tous ceux venant des 4 continents qui se ressourcent sur les chemins de St Jacques de Compostelle et découvrent avec étonnement et ravissement cet équilibre essentiel entre le matériel et le spirituel, retrouvant, par là-même, l’esprit des bâtisseurs de cathédrales dont la foi, si elle n’a pas déplacé des montagnes, a permis d’édifier ces géants de pierre et de prière.
Aimez-la, Monsieur le Président, notre France !
Aimez-la charnellement, aimez-la intellectuellement, aimez-la pour son passé, aimez-la pour son avenir, aimez-la pour son esprit, aimez-la avec ses défauts et ses qualités, aimez-la pour son peuple.
Aimez-la par respect, pour ceux qui ont donné et donnent leur vie pour elle.
Le premier fusillé par les nazis à Paris, Jacques Bonsergent était un chrétien convaincu
Chronique de J. THOUVENEL du 17.04.2012 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Comme pour vous tous, les bruits de la campagne électorale viennent jusqu’à mes oreilles.
Les promesses des uns, les engagements des autres, les colères vraies ou fausses, les sourires, les bons mots, les belles phrases. Tout cela fait partie du rituel républicain et nous nous sentirions lésés si une campagne se déroulait sans ces duels vocaux et gestuels.
Derrière les mots, les attitudes, transparaissent bien souvent des vérités. A nous de les découvrir. Si certaines peuvent plaire, d’autres sont inquiétantes.
Il est un candidat, grand remueur de foule, qui se définit comme « un intellectuel » et qui précise « il n’y a pas plus grand bonheur pour un intellectuel que de voir que ce qui, au départ, est un pur raisonnement, devient une force matérielle ». Si ses positions à l’international ont de quoi quelque peu inquiéter, quand un journaliste s’étonne de ses attaques contre le Dalaï-lama, ne répond t-il pas : « Vous êtes aveuglés par Tintin au Tibet et cette admiration sans borne pour cette bande de théocrates, des esclavagistes qui, en 1959, ont refusé de céder à la révolution populaire du Tibet ».
Chronique de J. THOUVENEL du 10.04.2012 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous, Eh oui ! J’ai été, il y a peu de temps, interpellé par un médecin généraliste de Château-Thierry qui harassé de travail avait été choqué par le fait que je cite les médecins libéraux comme exemple de profession qui ne travaille pas le dimanche. Et pourtant, cet exemple me semble particulièrement éclairant. Parce que les politiques, qui n’ont de cesse de vouloir faire ouvrir les grandes surfaces le dimanche, se désintéressent visiblement du problème de santé publique qui fait, notamment, qu’en l’absence de cabinets libéraux ouverts, ce sont les urgences des hôpitaux qui se trouvent saturées. Ce problème récurrent me semble être plus important à régler que l’éventuelle possibilité d’achat d’une boîte de petits pois le dimanche à 17 h 30.
Chronique de J. THOUVENEL du 03.04.2012 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
C’est le thème « En finir avec la mondialisation déloyale », le rapport que Monsieur Yvon JACOB vient de publier.
Et notre ambassadeur de l’Industrie - si, si, ça existe ! – vous n’imaginez pas le nombre de postes, fonctions et autres attributions diverses et variées que notre généreuse et inventive république est capable de créer !
Dans le cas présent, c’est à juste titre qu’une mission a été confiée à Yvon JACOB. Dans son rapport, élaboré avec Serge GUILLON, contrôleur général économique, l’ancien Député d’Ille et Vilaine déplore, je cite : « les défaillances de la surveillance du marché qui permettent l’importation de produits non-conformes aux normes européennes qui font subir une concurrence déloyale aux biens fabriqués dans les pays membres de l’Union ».
Ancien chef d’entreprise, spécialiste de l’industrie, M. JACOB sait de quoi et de qui il parle. Pour une fois, dans un rapport officiel, le politiquement correcte vis-à-vis de la Chine est remisé au magasin des accessoires pour analyste économique bien pensant. Il constate, notamment, « que le mode de financement des entreprises chinoises est totalement opaque», ce qui permet aux entreprises de l’empire du milieu de vendre sous le prix de revient.
Pour lui, « après avoir été perçue comme une opportunité, la croissance chinoise est considérée comme une menace dans de nombreux pays ».
Il met en garde contre l’octroi du statut dit « d’économie de marché à la Chine en 2016 » qui, dit-il, aurait « un impact très négatif » car « il priverait dans les faits les membres de l’Union Européenne d’instruments de défense commerciale » qui permettent aujourd’hui à l’Europe d’appliquer des mesures antidumping pour lutter contre les pratiques déloyales chinoises et d’autres pays où les profits de quelques-uns passent avant le respect des personnes.
Yvon JACOB, qui n’est pas un rêveur, s’appuie sur des faits. Il prend l’exemple des briquets BIC qui après avoir investi près de 40 millions d’euros pour respecter les normes européennes, voient leurs ventes baisser de 25 % en raison de la concurrence des modèles non-conformes. Le rapport estime que 76 % des briquets importés sont non-conformes à la législation européenne.
Car non seulement la concurrence internationale est fréquemment déloyale et seul un illuminé, un intellectuel des beaux quartiers ou Alain MINC peuvent croire un instant qu’une dictature sanglante, peut se montrer loyale dans ses rapports commerciaux avec des tiers.
Mais de plus, nos frontières sont de véritables passoires.
Vous additionnez les trous noirs de la régulation aux lacunes de la surveillance aux frontières, au manque d’efficacité des instruments européens de défense commerciale et à une organisation mondiale du commerce défaillante et vous avez sous vos yeux l’écroulement de notre industrie et l’explosion du chômage.
C’est ce que dénonce avec force, précision et intelligence, Yvon JACOB.
Pour lui, une partie de la solution passe par une surveillance efficace du marché intérieur européen, afin que soient refoulés les produits non-conformes aux normes de l’Union.
Il est à noter qu’Yvon JACOB est un des soutiens de la traçabilité sociale, prônée par la CFTC.
Ah, vraiment ! Cet ancien élève du collège Notre-Dame de la Clarté a plus que quelques lumières à nous faire partager.
Chronique de J. THOUVENEL du 27.03.2012 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous,
Je participais, il y a quelques temps a un dîner réunissant quelques convives, tous avec d’honorables situations, un niveau de culture générale satisfaisant, ayant bénéficié d’une éducation des plus estimables et issus de milieux familiaux que l’on peut considérer comme privilégiés, du moins au niveau matériel. La conversation ne tarda pas à tourner autour de l’état de la France, le chômage, la perte du triple A, les difficultés économiques des uns et des autres, l’insécurité, les banlieues, l’immigration, l’islamisme, les urgences des hôpitaux débordés, la perte de sens, le consumérisme triomphant, la pression fiscale, la difficulté de se loger, etc.
Les constats étaient souvent justes, du moins intelligemment argumentés.
Pour finir, quelque soit le sujet évoqué par un « on n’y peut rien » ou « de toute façon, c’est comme ça » - et ce, à l’exception notable d’un convive, militant au sein d’un parti politique, qui, lui, ne voyait que par son grand homme, sorte de nouveau grand timonier, phare de la pensée politique, génie contemporain, près à sauver la France et l’humanité dans les 6 mois pour peu que nous lui apportions nos suffrages – si la dernière approche me paraît quelque peu excessive, la première, celle du renoncement et de l’abandon, est, elle, un peu trop facile.
Prenons un exemple récent : celui de l’ouverture des magasins le dimanche. Après avoir annoncé, il y a quelques semaines, que s’il était réélu, la première des mesures qu’il mettrait en œuvre serait de poursuivre les « assouplissements » (comprendre dérégulation et banalisation des ouvertures dominicales), Nicolas SARKOZY sur TF1 est revenue sur ses propos en expliquant « j’ai mis de l’eau dans mon vin ».
Il n’est, maintenant, plus question, du moins officiellement, de généraliser les ouvertures des grandes surfaces et autres centres commerciaux le dimanche.
Que s’est-il passé ?
Tout simplement le travail d’explication, de persuasion, de lobbying entrepris depuis des mois par une poignée de convaincus, a porté ses fruits.
Dès l’annonce initiale du candidat UMP, la CFTC, les amis du dimanche, FO, Mme BODENEZ via Liberté Politique et quelques autres, ont actionné l’outil qu’ils construisent depuis des mois sur le thème : Faire cadeau du dimanche aux grandes surfaces, à pour conséquence de se mettre à dos une grand partie de l’électorat catholique (attaché au repos dominical) et celui des petits commerçants qui craignent, à juste titre, la concurrence de la grande distribution.
Ce message, appuyé par quelques actions locales, comme la fermeture symbolique par des militants CFTC d’un Carrefour Market ouvrant illégalement à Paris, fut bien entendu dans les circonscriptions et remonta rapidement au château.
La crainte de perdre des élections, pouvant être le début de la sagesse. Vous connaissez maintenant la suite.
Comme quoi, si nous voulons récolter, notre devoir est d’abord de semer.
Il n’y a aucune fatalité, c’est bien le courage, la lâcheté ou l’indifférence des hommes et des femmes qui font l’histoire.
A nous d’en tirer les conséquences et de cesser de gémir et de s’apitoyer tout en profitant du travail de nos pères qui, eux, ont agi pour bâtir la cité et ce dans des conditions bien plus difficiles que les nôtres.
Chronique de J. THOUVENEL du 20.03.2012 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
« Si j’avais été ouvrier, j’aurai été syndicaliste afin de lutter contre le mépris du travail et des travailleurs ».
Ces paroles sont de Pierre Schoendoerffer, le romancier cinéaste récemment disparu.
Et il ajoutait « Le travail n’est pas reconnu à sa juste valeur, seul le profit est reconnu. Le syndicalisme a un vrai rôle de garde-fou. Je regrette qu’il y ait si peu de salariés syndiqués en France, les excès de certains syndicats en sont, sans doute, la cause. »
L’auteur de l’admirable « 317ème section » et du magnifique « Crabe tambour » n’était pas qu’un cinéaste de guerre.
Il m’avait expliqué son métier de la façon suivante : « Je parle de ce que je connais : la condition militaire et le métier de marin pêcheur. Dans un cas comme dans l’autre, les hommes subissent des évènements imprévisibles qui révèlent leur vraie personnalité. Regardez aujourd’hui la situation des patrons pêcheurs et de leurs équipages. Ils font un métier très dur. De plus en plus encadré par des réglementations bruxelloises contraignantes. Il faut un grand courage pour exercer ce métier et beaucoup d’optimisme. »
Pierre Schoendoerffer se définissait comme « protestant, non pratiquant » et il ajoutait : « quand le doute s’installe en moi, la foi domine la crête de la vague. Chacun a sa part spirituelle. L’homme ne vit pas seulement de pain. »
Il estimait que le travail des syndicats pouvait toucher à « la spiritualité de l’homme », par la notion de solidarité par exemple « qui dépasse le simple combat pour la défense des droits légitimes des salariés. Il y a dans la solidarité une forte idée d’espérance, de spiritualité » disait-il.
Il définissait un film comme une entreprise où chaque ouvrier se sent directement concerné par le bon fonctionnement des choses. Il appuyait sa démonstration en évoquant ce tournage, où le producteur ne payait plus les salaires et où l’équipe était venue le voir et lui avait annoncé qu’officiellement, elle était en grève, mais qu’elle continuerait à travailler car elle avait foi dans le film.
Il parlait de ces types formidables, comme le chef machiniste de Dien-Bien-Phu, qui arrivait à travailler dans des conditions « épouvantables, par 46° à l’ombre, afin que le tournage puisse s’effectuer de nuit. Je ressentais alors de la fierté à contempler le travail de ce « bâtisseur de ponts » », comme il le surnommait.
Notre dernière rencontre, il avait tenu à la terminer par les mots de Saint-Paul, « que j’appelle Paul en tant que protestant » me disait-il en riant. « Paul dit qu’il y a trois vertus cardinales : la foi, l’espérance et la charité. Je me mets à l’ombre de ce génie pour dire que le plus important, c’est l’espérance. Elle implique la foi et la charité, c'est-à-dire l’amour ».
Chronique de J. THOUVENEL du 13.03.2012 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous !
Il était une fois une entreprise mondialement connue, forte d’une expérience de plus de 140 ans. Maison sérieuse, réputée, dont deux anciens Présidents devinrent Secrétaires du Trésor des Etats-Unis d’Amérique, c'est-à-dire Ministres des finances.
Et, comme dans cette institution on a d’abord le sens du service, l’un fut le grand argentier du démocrate Clinton, l’autre celui du républicain Georges W. Bush.
Bel exemple de professionnels, passant par-dessus les idéologies, pour servir leur pays !
Manquent les violons en fond sonore et un coucher de soleil sur fond de bannière étoilée pour que la mise en scène soit parfaite.
Après avoir rendu de si bons services à l’Amérique, Goldman-Sachs, la banque héroïne de notre histoire, forte d’une vision véritablement messianique, entreprit de venir en aide aux petits pays à l’économie instable.
En 2001, c’est la Grèce qui eut le bonheur de bénéficier des conseils avisés d’hommes au strict costume sombre et aux chemises aussi blanches que les dents. Car, non seulement nos valeureux banquiers ont une tête bien pleine de chiffres, mais en plus ils sont propres sur eux. Ce qui rassure les concierges des grands hôtels, la ménagère du Péloponnèse et les Ministres des finances européens.
A l’époque, après la publication d’un rapport conjoint de la Commission et de la Banque Centrale Européenne, la Grèce fut autorisée à entrer dans l’Euro. Puisque, nous affirmaient les experts, « le déficit public annuel respecte la valeur de référence de 3% du produit intérieur brut ».
Venant de spécialistes qui n’ont de cesse de dénoncer les coûts salariaux, forcément exorbitants, et la durée du travail, toujours trop faible, ces affirmations eurent valeur d’oracle du côté du Parthénon.
Et comme tout oracle organisé, les grands prêtres de l’économie se mirent aux manettes pour ne pas faire mentir les divinités de la finance.
Car, cachée sous quelques colonnes doriques, dissimulée sous l’Acropole ou à l’ombre d’imposants cariatides, la dette du pays était toujours là, prête à croître et embellir.
Goldman Sachs apporta la solution.
2,8 milliards d’Euros furent changés en produits dérivés complexes, disparaissant du bilan comptable du pays pour réapparaître dans les nuées insondables et impénétrables de la haute finance internationale.
Les esprits chagrins noteront que cette transaction engendra un coût pour le Grèce de quelques 600 millions d’euros supplémentaires et que la facture finale sera de plus de 5 milliards d’euros.
Quoique très onéreux, nous ne pouvons qu’admirer la qualité du geste financier. Comme dirait Alain Minc, « quand on veut attirer des talents, cela se paye ».
Aujourd’hui, Mario Draghi, Vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs entre 2002 et 2005 dont l’une des missions fut de vendre le produit financier « swap » permettant de dissimuler une partie de la dette souveraine grecque, est Président de la Banque Centrale Européenne.
Et Lucas Papandreou, ancien Gouverneur de la Banque Centrale grecque et qui à ce titre a participé à l’opération de truquage des comptes de son pays, est Premier Ministre.
Une bien belle histoire vous disais-je.
Evidemment, il y a toujours des grincheux qui, sous prétexte que l’on baisse leur salaire de 25 % ou que l’on supprime leur emploi pour remettre le pays à flot, trouvent qu’ils payent cher les manipulations comptables des puissants.
Ce n’est pas à Sparte que l’on aurait entendu de telles récriminations dans les rangs !
Chronique de J. THOUVENEL du 06.03.2012 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous !
Quel est donc le lien entre la Fédération Allemande des Sports Olympiques, des distributeurs de tracts en Pologne, des marcheurs Autrichiens, des dépliants à l’attention des commerçants en Belgique, une réunion avec des parlementaires en République Tchèque, une rencontre avec la presse en Grèce, une campagne médiatique en Italie, des affiches sur la dignité au travail en Slovaquie et une manifestation Espagnole ?
La réponse est...
Mais avant, bravo aux bons, très bons connaisseurs de la chose européenne qui ont deviné.
La réponse est donc : la première journée européenne pour le repos dominical.
C’est à l’initiative de l’Alliance Européenne pour le dimanche que ce 4 mars, dans nombre de pays européens, le repos du dimanche fut défendu, célébré et fêté.
En France, Force Ouvrière diffusait un tract, alors que la CFTC et le Collectif des Amis du Dimanche passaient aux actes, en allant symboliquement fermer un magasin Carrefour City ouvert illégalement.
A noter que cette opération « coup de poing », qui a mobilisé une trentaine de militants, s’est opérée dans la joie, la bonne humeur et avec les encouragements des passants.
Eh oui ! Pour les Parisiens, comme pour les touristes, défendre une journée pour la vie familiale, personnelle, associative et spirituelle est une bonne chose.
Plus intéressant, peut-être, la sociologie des membres de ce commando du dimanche : des employés de la FNAC, TATI et autres enseignes du commerce, des chefs d’entreprises, des fonctionnaires de la Ville de Paris, des mères de famille, des pères de famille, des cadres, des ouvriers, des enseignants, des juristes, comptables, travailleurs du bâtiment, etc., etc.
En un mot : la France du travail dans toute sa diversité.
Certains croyants, d’autres non. Certains penchant à droite, d’autres à gauche, et d’autres ailleurs.
Foin des clivages, tous unis pour que soit respecté le repos dominical, ce temps où la production et la consommation sont entre parenthèses pour permettre à chacun de vivre et d’exprimer autre chose que les valeurs matérielles.
Dépassant nos frontières, cette démarche s’est exprimée sous des formes diverses au sein de l’Union Européenne et même au-delà, puisque nos amis Suisses étaient également mobilisés. Si une hirondelle ne fait pas le printemps, une bonne initiative peut être les prémices d’un renouveau européen, loin de l’ultralibéralisme de la commission ou de l’ultra consumérisme des adorateurs du Veau d’Or.
L’Europe retrouverait-elle son âme grâce au repos dominical ?
Les années futures nous le diront et elles nous le diront d’autant mieux que nous saurons, au quotidien, travailler à bâtir une cité respectueuse des hommes et des femmes et non commandée par des pulsions, fussent-elles d’achat.
Chronique de J. THOUVENEL du 28.02.2012 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous !
Il existe en notre doulce France, moult associations fortes utiles.
Les plus chanceuses ont pour protecteur, un personnage de haute lignée, un de ces princes bien en cours et habitué des gazettes.
C’est une de celles-ci qui nous intéresse aujourd’hui.
Le prince qui la gouverne, a récemment convié à un dîner de charité le tout Paris emperruqué.
Les gazettes, spécialisées dans la vie et l’œuvre des courtisans, n’ont pas manquées de souligner :
Que celle-ci, reine du climat le soir dans l’étrange lucarne, « faisait partie sans nul doute des invitées les plus élégantes de la soirée, vêtue d’une simple petite robe noire, mais soulignée à la taille d’une ceinture lumineuse ».
Que celle-là, comédienne de son état, à moult fois pris la « pose dans une robe noire moulante, au dos très dénudé » ;
Que celui-là, descendant d’un célèbre pamphlétaire révolutionnaire et pamphlétaire lui-même ; bon sang ne serait mentir ! ; est apparu vêtu d’un de ces costumes inspirés de la robe du pingouin, alors que sa compagne, une essayeuse d’habits à la mode, sans doute lassée d’arpenter les tréteaux vêtue d’étranges oripeaux, faisait, ce soir là, dans le sobre et le classique. Ce qui dans cette soirée bien parisienne fut ressenti comme le comble de l’originalité.
Cet évènement, mêlant, nobles, bourgeois, demi-mondaines et demi-mondains, fut une grande réussite.
Celle-ci faillit pourtant être gâchée par l’intervention inopinée du petit peuple. Celui qui tous les jours est à la manœuvre, celui qui quotidiennement met en pratique les déclarations du prince.
« Pour mécèner, il faut aimer » a-t-il proclamé avec beaucoup de justesse.
Mais pour bien mécéner, ne doit-on pas aimer également « les petits, les obscurs, les sans grades » chers à Edmond Rostand ?
Ô, vous, prince éclairé ! Fils des lumières, financeur du parti de la rose, du club de l’égalité des races et de la lutte contre le syndromed’immunodéficience acquise. Comment pouvez-vous tolérer qu’au sein de l’association que vous gouvernez, des notes puissent être écrites faisant référence « à l’état de santé physique ou mental des salariés, à un accident ou au fait qu’une salariée serait, je cite « mal dans sa peau », à la profession des parents, à l’origine ethnique, à l’état de grossesse, etc. » ?, comme l’affirme un parchemin du Ministère du Travail.
Comment pouvez-vous accepter que soit discriminé celui qui a refusé de faussement témoigner contre un collègue ou celle qui a participé aux actions des manants à l’appel de sa corporation ?
Il est vrai qu’à l’exception d’un enquêteur de Libération, nul n’a fait écho aux souffrances de votre petit peuple. Même l’agence royale de presse, pourtant informée de la chose et que nous avons connue plus prompte à crier « haro sur le bodet », a passé cette information sous silence.
A croire que Monsieur de la Fontaine avait raison quand il écrivait à propos des animaux malades de la peste : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».
Amis du dimanche, retenez bien la date du 4 mars 2012.
En ce premier dimanche du mois, non seulement, nous célèbrerons la St Casimir mais, à l’appel de l’Alliance Européenne pour le dimanche, nous pourrons participer à la 1ère « journée européenne pour le dimanche sans travail ».
L’Alliance Européenne pour le dimanche est un réseau qui réunit des organisations de la société civile, des syndicats et des églises engagés dans la sensibilisation à la protection du dimanche, ce temps unique où l’être humain peut se détacher de la production et de la consommation.
Dans son appel à l’action, l’Alliance insiste sur le caractère essentiel du dimanche chômé, pour l’équilibre de la société.
D’autant plus en cette période de crise où certains voudraient nous voir faire allégeance au tout économique, comme d’autres exigeaient la soumission au parti en ex-Union Soviétique.
Les organisateurs de cette journée affirment que tous les citoyens de l’Union Européenne ont le droit de bénéficier d’horaires de travail décent, ce qui, par principe, exclu le travail du soir, de nuit, des jours fériés et du dimanche.
Seuls les services essentiels et ceux qui permettent le développement de la vie familiale, personnelle, associative, culturelle et spirituelle devraient fonctionner le dimanche. Y sont, bien entendu, inclus les commerces de proximité et les marchés traditionnels, qui animent nos villes et nos villages, participent au lien social et font partis de la culture de notre pays.
Aujourd’hui, la législation et certaines pratiques communautaires ne protègent pas suffisamment la santé, la sécurité et la dignité de tous. Il est indispensable de promouvoir la conciliation vie professionnelle, vie personnelle et familiale, comme il est écrit dans l’appel pour la journée européenne du dimanche sans travail.
« La visibilité de ce dimanche spécial ne dépendra pas seulement d’un « grand évènement » mais aussi des idées novatrices et des projets qui refléteront la culture locale et régionale et par conséquent les traditions européennes.
Face aux promoteurs d’une Europe marchande à la botte de l’économie Casino, il est important que, fidèles aux racines chrétiennes de notre continent, nous affirmions la nécessité d’un jour consacré à autre chose qu’à l’adoration du Veau d’Or, via l’accumulation des biens matériels.
Nous avons besoin d’un temps apaisé, de calme et de sérénité pour aimer, se passionner et prier.
Ce dimanche que nous a légué nos pères, il ne tient qu’à nous de le conserver.
Dimanche 4 mars, faisons savoir autour de nous que nous tenons corps et âme au repos dominical. Un petit geste de chacun pour une grande cause, c’est non seulement possible mais c’est hautement souhaitable.