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Introduction par Gabrielle Simon
Secrétaire générale adjointe chargée de la politique revendicative et du secteur entreprise

Les Français sont en manque de salaires décents, d'avenir professionnel et de perspectives pour les leurs. Le chômage touche une personne active sur dix. Le développement de contrats de travail précaires ne protège plus de la pauvreté, puisque un nombre croissant de personnes qui travaillent ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. La précarité est source d’une pauvreté qui s’autoalimente et se propage de la personne concernée vers toute la famille. Ainsi, se crée une société duale où les écarts se creusent en défaveur des plus démunis et des plus fragiles. Ce sont ces écarts qui rendent toute perspective de réforme suspecte de régression sociale. Face à cette situation, la CFTC propose un statut du travailleur qui s’inscrit dans une synergie de solidarité et de pleine r esponsabilité. Alors qu’aujourd’hui les droits octroyés par l’entreprise sont liés à l’activité, le statut garantit aux personnes des droits sociaux résultants du respect de la dignité humaine. Dans une démarche de responsabilité, les salariés assumeront d’autant mieux leurs devoirs que la société assumera ses propres devoirs envers eux. Il résultera de ce statut du travailleur une nouvelle dynamique source d’optimisme et de foi en l’avenir.
La finalité du statut du travailleur, c’est le droit à une vie décente et à un avenir. Ce sont de nouveaux droits légitimes pour progresser, rebondir : prendre sa vie en main, construire une société confiante en son avenir par une réduction des sources de précarité. C’est la possibilité pour chacun et chacune de participer à la construction d’une société solidaire. Le statut du travailleur défend également une conception participative de l’entreprise. Il facilite les transitions pour transformer les périodes de rupture en opportunités.
Le statut du travailleur se décline en 3 axes :
• donner une continuité de droits (rémunération, formation, protection sociale, retraite…) permettant à chaque personne de construire son parcours de vie ; • assumer la possibilité de concilier vie familiale et sociale et vie professionnelle ; • associer les salariés à la vie de l’entreprise par leur participation aux orientations stratégiques et aux améliorations des conditions de travail.
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"Le statut du travailleur est issu des principes de la morale sociale chrétienne, qui établit que l’homme n’est pas une marchandise." | Ce statut est issu des principes de la morale sociale chrétienne, qui établit que l’homme n’est pas une marchandise et qu'il a une valeur immatérielle. Si l’homme n’a qu’une valeur matérielle, il n’a, comme toute chose, qu’une valeur marchande. C’est bien ce qui arrive dans une société où la valeur d’une personne est fonction de ses seules compétences et de sa seule utilité sur le marché. Rare dans son métier très demandé, tel homme vaut très cher ; devenu “inutile” le même homme est menacé d’exclusion sociale. L’humanisme social chrétien nous avertit : faute de lui reconnaître une valeur spirituelle, l’homme n’a finalement qu’une valeur marchande.
La CFTC propose le statut du travailleur pour protéger toute personne contre cette “marchandisation”. Désormais, un travailleur, rejeté hier par le marché du travail, est respecté dans sa dignité d’homme et de travailleur. Sa formation de reconversion et ses recherches d’un nouvel emploi sont reconnues comme participant à la construction du bien commun de demain. La reconnaissance de la valeur d’un homme n’est plus relative aux aléas du marché.
Le financement du statut du travailleur implique une réallocation des ressources. Il suppose d’arrêter le saupoudrage des diverses aides notamment celles accordées aux entreprises sous forme de réductions de charges non conditionnées, d’évaluer l’ensemble des aides accordées, de maintenir ou de supprimer les aides en fonction de leur efficacité, d’octroyer de nouvelles aides conditionnées au développement de l’emploi.
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Merci à tous ceux qui ont élaboré le statut du travailleur !
Signalons tout d’abord le travail de réflexion de l’UGICA (Union des cadres CFTC) et notamment de Bernard Ibal qui les premiers ont promu l’idée du statut du travailleur auprès des instances confédérales de la CFTC. Un comité de pilotage s’est constitué autour de cet important projet avec Bernard Ibal, Dominique Bertrand et Bernard Vivier. Je les remercie d’avoir fait don à la CFTC de leurs énergies vitales pour mettre au point une vision du monde du travail qui fédère nos énergies. Il y a ensuite Sophie Bailacq qui a animé le projet, en s’appuyant sur les réflexions et les contributions d’une dizaine d’experts : Philippe Arondel, Marie-Laure Barbé, Bernadette Caliskan, Michel Charbonnier, Alicia Fouletier, Elise Guillaume, Philippe Le Floch, Michel Moïse- Mijon, Joëlle Morisetti, et Anne Partouche.
A tous merci ! |
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