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Interview de Joseph THOUVENEL dans la revue Cols Bleus Magasine de la Marine Nationale (propos reccueillis par l'Enseigne de Vaisseau Pamela de Montleau)
"Le Conseil de la fonction militaire de la Marine Nationale est une institution nécessaire. Toute organisation humaine, entreprise, association ou armée, a besoin en interne d’avoir des modes de représentation de ses membres. L’échange d’information, ascendant et descendant, permet non seulement d’éviter des conflits mais aussi à chacun d’être légitimement acteur de sa destinée.
Offrir un espace de concertation, d’échanges et de propositions au sein de la Marine Nationale, est utile tant aux marins qu’à l’institution elle-même.
Cet outil qui fête ses 20 est-il adapté à la société actuelle ?
La première erreur serait de vouloir coller en permanence aux évolutions de surface de la société. L’effet de mode l’emportant sur ce qui est juste et efficace.
La deuxième serait de calquer le mode de représentation des salariés d’entreprises à la représentation au sein des armées.
La fonction militaire a de nombreux particularisme dont le moindre n’est pas d’être amené à risquer sa vie sur un ordre.
L’actualité actuelle rappelle malheureusement trop souvent cette réalité."
"Le syndicalisme à la française, qui se réduit trop souvent à la confrontation et aux rapports de force sur la base d’une politisation excessive, n’est pas un modèle pour assurer la légitime représentation des personnels au sein des armées.
Cela dit, le tirage au sort, même s’il est effectué parmi des volontaires, donne au hasard une responsabilité qui doit être assurée par les personnes.
Défendre la condition militaire est nécessaire en interne, mais est aussi essentielle en externe.
Nombre de problèmes qui remontent des armées sont liés à des décisions budgétaires prisent en dehors des armées.
Il appartient au monde politique et, notamment, à la représentation nationale de donner les moyens à ceux à qui elle confie la mission essentielle de protéger notre territoire national, nos idéaux démocratiques et la paix sur la planète au risque de leur vie.
Quand le blocage est budgétaire, le Conseil Supérieur de la Fonction Militaire devrait pouvoir saisir la représentation nationale et celle-ci devrait avoir l’obligation de répondre.
La concertation, cet indispensable outil de cohésion, est d’abord question d’état d’esprit avant d’être l’enfant d’un règlement. Elle a toujours besoin que souffle l’esprit d’équilibre entre les droits et les devoirs et ce à tous les niveaux hiérarchiques.
Est-ce le cas, aujourd’hui, au sein des armées ?"
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