Chronique de J. THOUVENEL du 28.09.2010 sur Radio Notre Dame (100.7)
18-10-2010
Lire la chronique, c'est bien ! l'écouter, c'est encore mieux !
Economie ? Ecoutons Benoît XVI.
Bonjour à toutes et à tous !
Et oui, aujourd’hui je n’ai pas grand-chose à dire ou plutôt je vais être simplement le vecteur des propos de Benoît XVI devant le parlement anglais.
Parlant de véritable défi pour la démocratie, le Pape a souligné l’inaptitude des solutions pragmatiques à court terme, devant les problèmes sociaux et éthiques complexes, ce qui, dit-il, a été amplement démontrée par la récente crise financière mondiale.
Si l’expression « l’inaptitude des solutions pragmatiques à court terme, devant les problèmes sociaux et éthiques complexes » colle parfaitement au projet français sur les retraites, ce n’est pas directement de cela qu’il s’agit aujourd’hui. La portée des propos du Pape est plus générale et plus profonde.
Cliquez sur "Lire la suite"
Il existe un large consensus pour reconnaître que le manque d’un solide fondement éthique de l’activité économique a contribué aux graves difficultésqu’éprouvent des millions de personnes à travers le monde entier, et le Saint Père d’ajouter « Toute décision économique a une conséquence de caractère moral ». Il enfonce le clou en prenant l’exemple de l’esclavage ; la raison, aussi, peut tomber dans des distorsions comme lorsqu’elle est manipulée par l’idéologie ou lorsqu’elle est utilisée de manière partielle, si bien qu’elle n’arrive plus à prendre totalement en compte la dignité de la personne humaine.
C’est ce mauvais usage qui, en fin de compte, fut à l’origine du trafic des esclaves et de biens d’autres maux sociaux dont les idéologies totalitaires du 20ème siècle ne furent pas les moindres.
Quand nous consommons en recherchant le prix toujours plus bas, prenons-nous en compte la dignité de ceux qui doivent produire plus, avec des coûts toujours moins élevés ?
Quand nous exigeons toujours plus de services sans payer plus, ne sommes nous pas les porteurs de cette raison économique qui lamine nos sociétés, broient les hommes et les femmes, et fait du veau d’Or le nouvel étendard des nations ?
« Il est nécessaire de repenser les moyens qui amélioreront les conditions de vie dans de nombreux domaines, allant de la production alimentaire, à l’eau potable, à la création d’emplois, à l’éducation, au soutien des familles – spécialement d’immigrants – et aux soins médicaux de base » ajoutait Benoît XVI, avant d’être ovationné par les parlementaires d’un des pays les plus attachés au matérialisme économique.