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chronique de J. THOUVENEL du 27.04.2010 sur Radio Notre Dame 100.7 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
06-05-2010

 

 

Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

 

 

Les conditions de travail

 

 

Je voudrais d’abord présenter toutes mes excuses aux auditeurs de la semaine dernière. Traitant de la naissance du catholicisme social,  j’ai terminé ma chronique en citant l’encyclique Laborem  Exercens de Jean-Paul II en lieu et place de Rerum Novarum du Pape Léon XIII.

 

Je n’ai pour seule excuse que les abominables conditions de travail qu’impose l’équipe de Radio Notre Dame.

 

Jugez-en : Chroniqueur, vous disposez de 3 petites minutes par semaine pour faire part à la terre entière, du moins aux habitants de la planète possesseurs d’un poste de radio branché sur 100.7, de la quintessence de votre puissante, intelligente et remarquable analyse hebdomadaire.

Vous avez, pour charmer les oreilles des auditeurs et auditrices chéris, tenté de trouver l’expression, la phrase, l’image qui résonnera agréablement aux tympans.

 

Vous espérez que par la même, la fulgurance de votre pensée, atteindra plus facilement les circonvolutions cérébrales de ce remarquable auditoire qui vous écoute.

 

Pour cela, tâcheron de la plume, vous avez passé des heures à réfléchir au thème ; forcément essentiel ; que vous aborderez à l’occasion de cette matinale chronique. Vous vous êtes documenté, avez recoupé l’information, traqué la statistique, sélectionné la citation, deux de préférence. Une d’un auteur connu et sympathique, ce qui montre l’étendu de votre culture générale, l’autre d’un inconnu au patronyme étrange, ce qui montre que vous aussi, vous avez le dictionnaire des citations.

 

Fier de votre œuvre et conscient de l’importance de celle-ci, vous êtes en  condition pour l’enregistrer.

 

Et là, tout ce gâte.

 

Une fois que vous avez rejoint le cagibi d’enregistrement à gauche au fond du couloir, après les toilettes, un garçon se faisant appeler Julien, accapare nombre des précieuses secondes de vos 3 minutes réglementaires.

 

Il est habile, le bougre ! Et d’autant plus dangereux qu’il a l’air sympathique.

 

Il commence généralement par un « Bonjour Joseph ! » et hop, 2 secondes d’envolées.

 

Il continue en dévoilant le thème de votre chronique, tuant par là même l’effet de surprise que vous aviez préparé avec tant de soin, et réduisant un peu plus vos 180 secondes d’expression.

 

Mais le pire de tout, c’est quand vous êtes lancés, que vous faites corps avec votre micro et votre public, là, le susdit Julian, avec l’aide d’un comparse nommé technicien, s’agite, fait des mimiques, des signes avec ses doigts, vous montre une horloge, en un mot vous signifie « T’es trop long coco, il va falloir couper. »

 

Et voilà comment un chroniqueur de talent en vient à citer une encyclique à la place d’une autre.

 

La semaine prochaine, je traiterai de la bonne foi.

 

A toutes et à tous, à mardi prochain.

 

 





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