Chronique de J. THOUVENEL du 23.03.2010 sur Radio Notre Dame (100.7)
22-04-2010
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Si vous voulez un avenir, il faut une politique familiale.
Bonjour à toutes et à tous !
J’évoquais dans une précédente chronique, le raccourci étonnant qui avait fait partir François CHEREQUE de la politique industrielle pour arriver à la conclusion que ce n’était pas aux entreprises de financer la politique familiale. Il fallait savoir s’inspirer de l’exemple allemand ajoutait-il !
Si l’on juge l’arbre à ses fruits, force est de constater que grâce à la politique familiale volontariste de la France, nous avons le taux de fécondité le plus élevé d’Europe, alors que nos voisins allemands sont dans une situation catastrophique. Les Lander se transformant peut à peu en vaste maison de retraite où le babillement d’un enfant devient aussi rare que le vol d’un oiseau au-dessus de Tchernobyl.
Au moment où s’ouvre une vaste discussion sur les retraites, mieux vaut vivre dans un pays qui peu ou prou, assure le remplacement des générations, que dans une nation qui glisse progressivement vers le néant pour cause de non renouvellement générationnel.
Cela posé, admettons que les entreprises n’aient pour seul rôle dans la cité, qu’à faire leurs petites ou grosses affaires, déconnectées du reste de la société. Alors, rien ne justifie les 23 milliards d’aide et d’exonération fiscale dont elles bénéficient annuellement.
Si je raisonne à la CHEREQUE, je dirai ce n’est pas à la collectivité nationale de financer les bénéfices des actionnaires. Raisonnement simpliste, les aides et les exonérations servent à maintenir des emplois. Elles permettent à des territoires de lutter contre la désertification. Elles ont un rôle qui bénéficie à l’ensemble de la collectivité. Tout comme la politique familiale bénéficie à tous directement ou indirectement.
Oublier l’imbrication des intérêts de chacun dans une économie moderne,c’est faire une erreur, sans doute historique.
Rappelons-nous d’ailleurs justement, l’histoire des allocations familiales. Il a fallu au 19ème siècle, l’union de patrons et d’ouvriers sociaux chrétiens pour que les foyers qui avaient à charges des enfants perçoivent une allocation permettantà ceux qui élèvent leurs familles, d’échapper à la misère.
C’était tout à la fois rejeter la lutte des classes :
qui voudrait que l'on ne puisse construire une société où le bien commun l'emporte sur les égoïsmes catégoriels,
et faire le pari de la jeunesse, c'est-à-dire de l'avenir, du dynamisme, du rire et des rêves, en un mot de la vie !
C’est pour cela, que la CFTC considère qu’une politique familiale dynamique, associant salariés et patrons dans l’effort commun pour porter les générations futures est une priorité nationale.
Certains me demandent parfois « mais qu’est-ce qui vous différencie de la CFDT ? » et bien là, vous avez sans doute un exemple concret.
A mardi prochain et bonne semaine à toutes et à tous !