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Chronique de J. THOUVENEL du 22 juin 2010 sur Radio Notre Dame (100.7) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
28-06-2010

 

 

 

Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

 

 

Résister à l’oubli

 

Ce 18 juin nous a rappelé qu’il faut savoir s’engager quand on prétend défendre des valeurs.

 

Malheureusement, l’histoire nous apprend aussi que ce ne sont pas forcément ceux qui ont eu le bon réflexe au bon moment, qui voient plus tard leurs mérites justement reconnus.

 

Si vous passez par exemple devant la Bourse du Travail à Paris, vous verrez une plaque commémorative citant 2 organisations encore existantes, membres du Comité Parisien de la libération.

 

Le Parti Communiste et la CGT.

 

C’est biaiser l’histoire et sciemment ignorer que dès juin 40, la CFTC était entrée en résistance, sans attendre, elle, la rupture du pacte Hitler Staline.

 

Aussi, permettez-moi de rendre hommage, ici, à quelques uns de ces travailleurs chrétiens, oubliés de l’histoire.

Georges Bernard, du Syndicat des employés. Il photographia, notamment, l'emplacement des bateaux allemands dans le port de Brest pour permettre à l’aviation anglaise de les bombarder avec précision. Arrêté sur dénonciation, il sera exécuté le 10 décembre 1941 au mont Valérien, avec onze compagnons. Fusillés l'un après l'autre, ils refusèrent qu'on leur bande les yeux et commandèrent eux-mêmes le feu du peloton d'exécution. Georges Bernard entonna, avant de mourir, le chant scout : «Adieu, je pars, sans détourner les yeux». 

 

Marguerite Martin, adhérente CFTC, arrêtée par la Gestapo. Extrait de son interrogatoire : «Questionnée encore et menacée, je suis obligée d'avouer que je connais d'autres personnes de l'organisation, mais je ne les donnerai sous aucune contrainte. J'ai travaillé pour la France et je suis prête à mourir pour la France. » Elle subit sept fois le supplice de la baignoire...  sans avoir parlé. Morte pour la France, le 20 août 1944. 

 

Eugène Perot, militant CFTC, chargé par Londres des liaisons radio. Arrêté en 1942, en pleine liaison radiophonique, il est interné à Fresnes, condamné à mort et exécuté avec quinze compatriotes. «Sa mort héroïque fut celle d'un saint !» dit l'aumônier qui l'avait accompagné au poteau d'exécution et qui tint à l'ensevelir lui-même.

 

Paul Michelet, président du Syndicat des employés. Il est arrêté sur dénonciation pour diffusion de tracts clandestins. Il   meurt à Mauthausen.

 

Étienne Toure, militant CFTC. Mort à Dachau. 

 

Jean Carpezat, employé à la SNCF, est grièvement blessé le 3 septembre 1944, au combat, et achevé lâchement sur place. Il devait se marier vingt jours plus tard. Il aurait eu alors 21 ans. 

 

Elie Bourliaud est, comme l'écrit le quotidien La Nouvelle République, «un syndicaliste chrétien convaincu et qui représentait la Résistance dans ce qu'elle a de plus pur et de plus vrai». Mort à Buchenwald. 

 

André Domon, André Défaut, Pierre Dupont, tous trois fusillés à l'âge de 20 ans, le 2 octobre 1944. 

 

A eux et à tant d'autres, hommes et femmes de tous horizons, de toutes religions, que nous voulons associer aujourd'hui à cet hommage.

 

Un grand merci !





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