chronique de J. THOUVENEL du 06.04.2010 sur Radio Notre Dame
07-04-2010
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bilan de la stratégie de Lisbonne.
Un échec du à 4 causes principales :
1) La politique du verbe.
On fixe des objectifs ambitieux voire grandioses : faire de l’Union Européenne « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici 2010 ».
Et ce, sans poser les actes nécessaires et se donner les moyens d’atteindre un tel objectif. Comme l’on disait naguère, c’est être un grand diseur et un petit faiseur.
2) En second, la vision idéologique des choses.
La concurrence élevée au niveau du dogme. Elle devient un but et non un moyen.
Et si l’on ose émettre un doute sur son efficience absolue dans le cadre de la mondialisation, où les règles de la concurrence sont plus souvent faussées que libres, on est rejeté dans les ténèbres extérieures.
3) La 3ème raison, c'est bien évidemment les égoïsmes nationaux, ce manque de perspective sur notre destin commun.
4) Là-dessus, la crise provoquée par l’absence d’une véritable régulation (celle qui permet de mesurer les risques et de savoir qui les portent et en quelle proportion)a annulé les quelques progrès que l’on pouvait mettre au crédit du processus de Lisbonne
Cela dit, y a-t-il des solutions ?
Pour la CFTC, oui.
Il faut passer aux actes concrets et les actes concrets c’est par exemple s’intéresser à l’énergie.
Une Europe sans énergie, c’est une Europe qui ne pourra pas fonctionner.
Aujourd’hui nos approvisionnements énergétiques sont-ils sécurisés en volume et en coût ?
Quel est l’état de nos réseaux de distribution à l’intérieur de l’Europe ?
Quelle est la place des énergies nouvelles ?
Quel positionnement clair sur le nucléaire au niveau européen ?
Autant de thèmes qui ne sont pas abordés par la commission européenne.
On nous parle de lutte contre le changement climatique, alors regardons précisément la réduction d’émission des gaz à effet de serre, regardons par quels moyens y arriver.
Posons la question du nucléaire. Ayons un vrai débat sur le nucléaire - est-ce que le nucléaire est utile - est-ce qu’il est dangereux ? Car quand on nous prône une Europe de l’économie numérique. Vous avez des textes, des documents, des pages et des pages sur l’Europe de la connaissance et de l’économie numérique.
L’économie numérique sans électricité, c’est vouloir faire fonctionner une voiture sans carburant.
Ça ne fonctionne pas !
Ce sont des points aussi simples que l’Europe devrait aborder.
2ème élément majeur, l’accès future aux matières premières. Aujourd’hui, la Chine a lancé une véritable OPA sur les matières premières tant en Afrique qu’en Amérique du Sud ou Centrale.
Quelle est la stratégie européenne pour assurer de façon pérenne nos approvisionnements ? Aujourd’hui, il n’y en a pas !
Quand je n’aurai plus d’approvisionnement, je pourrai retourner à l’âge de pierre.