Chronique de J. THOUVENEL du 02.03.2010 sur Radio Notre Dame (100.7)
26-03-2010
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Pourquoi en veut-on à la politique familiale ?
J’étais, il y à quelques jours, à l’Elysée pour la remise des conclusions des Etats Généraux de l’Industrie. Pour ceux qui cultivent quelques nostalgies monarchiques, ce type d’exercice nous rappelle que dans la continuité des Rois qui ont fait la France, viennent les Présidents de la République. Quand le Chef de l’Etat vous invite pour 17 h 30, c’est au minimum 45 mn avant qu’il faut être présent.
Présidents de multinationales, numéro 1 des plus grosses entreprises publiques, économistes réputés, cheftaine des patrons ou leaders syndicaux, tous respectent scrupuleusement cette curieuse politesse qui consiste à perdre son temps, réputé pourtant si précieux en l’attente du souverain républicain.
Puis les choses se précisent, une tasse de café est délicatement déposée sur le plateau d’argent jouxtant le présidentiel fauteuil. L’aime-t-il brûlant ? Il est donc quasiment là !
Chaud ? Il ne saura tarder...
Tiède ? Les minutes vont pouvoir continuer à lentement s’égrener.
Presque froid ? On n’est pas sorti de la républicaine auberge.
Enfin l’aboyeur annonce « Monsieur le Président de la République ».
Nous allons enfin pouvoir nous asseoir.
Les Etats Généraux de l’Industrie furent une excellente initiative. Il est essentiel que nous développions un outil industriel performant, gage de millions d’emplois directs et indirects.
Sortir des fumeuses constructions intellectuelles du type : aux pays pauvres la production industrielle, aux riches les services et à une petite poignée apatride, les gros bénéfices est indispensable.
Nicolas SARKOZY affiche la volonté de valoriser nos savoir-faire et dynamiser notre outil industriel.
Réjouissons-nous.
Tout en espérant que ce rapport ne finisse pas sa vie dans l’immense salle des excellents rapports qui n’auront servis à rien.
Toujours est-il que François CHEREQUE, dans une intervention ou tout n’est pas à jeter, a cru devoir évoquer le coût du travail en France. Ce qui est un vrai sujet.
Partant du coût du travail, le patron de la CFDT a fini en affirmant que ce n’était pas aux entreprises de financer la politique familiale.
Curieux raisonnement. D’abord ce ne sont pas les « entreprises qui financent », c’est le travail des hommes et des femmes qui produit la richesse, l’entreprise représente la collectivité de travail. Aussi, les prélèvements sociaux, c’est bien naturel, passent par ce vecteur. Mais quand le leader d’une grande organisation syndicale commence à dire, les entreprises ne doivent pas financer la politique familiale, je m’inquiète fort pour l’avenir de la politique familiale.