A l'initiative de l'Alliance Européenne pour le dimanche (dont la CFTC est membre), le dimanche 4 mars 2012 sera une journée d'action européenne pour le repos dominical.
Préparez-vous à être mobilisés, nous vous tiendrons au courant des modalités d'action pour la France en général, et Paris en particulier.
Sur le site internet de sidaction, un onglet explique qu’avec 150 euros de don, on permet à une femme enceinte de recevoir dix-huit mois de traitement antirétroviral pour lutter contre la transmission du VIH à son enfant. Ce que ne dit pas cette simulation, en revanche, c’est la part des donations servant à couvrir les frais de justice colossaux de l’association. C’est moins glorieux, effectivement, d’expliquer que Sidaction paye avec l’argent des donateurs des avocats pour tenter de contrer les multiples procédures que certains salariés intentent à la direction – se plaignant de leurs conditions de travail. Rien que pour 2010, près de 416 000 euros ont été provisionnés pour «les risques sociaux». Et au regard du climat social qui règne ces jours-ci dans les murs de l’association, 2011 risque d’être un cru encore meilleur…
«Sidaction est une caricature de ce qui peut se faire dans le monde associatif en terme de droit du travail», assène Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, seul syndicat présent à Sidaction. Surcharge de travail, mise en concurrence des salariés, absentéisme en hausse, dialogue houleux entre les membres de la direction et les délégués du personnel : le collectif, co-fondé par Pierre Bergé en 1994, vit des heures sombres.
Il y a un an et demi, la structure, en pleine expansion, franchit le cap des 50 salariés. Au-delà de cette barre symbolique, la loi impose la création d’une colonne syndicale. «Les premiers accrochages datent de l’organisation des élections», affirme Gilles Gathellier, président de la branche associative de la CFTC, le Spaif (Syndicat des personnels d’associations d’Ile-de-France), «la direction de Sidaction a notamment cherché à proroger de façon tout à fait illégale les mandats des délégués du personnel arrivés à expiration afin de garder la main et, ainsi, de contrôler l’émergence d’un syndicat fort».
Contre-pouvoir
Milko Paris, secrétaire du Comité d’hygiène, de sécurité, et des conditions de travail (CHSCT), et salarié du collectif depuis 2002, abonde: «Pour la première fois, un contre-pouvoir voyait le jour. Vu que chaque service de l’association est une république indépendante avec des barons à leurs têtes, c’est un euphémisme de dire qu’ils ont vu d’un mauvais œil l’arrivée de la CFTC. Désormais, la direction allait devoir s’expliquer sur le clientélisme qui régit par exemple les augmentations de salaires. Et, comme prévu, ce fut rapidement explosif…»
Milko Paris l’a d’ailleurs vérifié à ses dépens. Embauché à Sidaction en 2002, il est aujourd’hui un cas emblématique de la lutte qui oppose salariés et direction. En novembre 2009, il dépose plainte pour harcèlement moral. A son propos, l’inspection du travail écrit une lettre sans équivoque à la direction de Sidaction, le 4 décembre 2009: «Il apparaît que les conditions de travail de M. Paris affectent sa santé, et que celui-ci se trouve dans une situation de souffrance et de stress qu’il convient de faire cesser.»
Loin de calmer le jeu, cette injonction achève d’embraser les choses. Milko Paris essuie trois tentatives de licenciement en mai et juillet 2010, puis novembre 2011, toutes refusées par l’inspection du travail. Autant de camouflets pour la direction de Sidaction qui est désormais poursuivie par Milko Paris pour dénonciations calomnieuses. «Ce dossier est une odieuse chasse à l’homme, s’insurge la CFTC,Milko Paris a reçu une pétition de soutien de plus de 40 salariés [sur 63 au total]. Ils font corps derrière lui car certains vivent la même chose en silence.»
Chronique de J. THOUVENEL du 24.01.2012 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous !
Il y a quelques jours, disparaissait brutalement un grand militant européen.
Pas une figure de proue du Parlement, un ponte de la Commission ou un éditorialiste en vue.
Non ! Un militant.
Un de ces hommes qui font les manifs, distribuent des tracts, organise des réunions, tient des permanences.
Un de ces dizaines de milliers d’anonymes qui font de la politique au sens noble du terme. C'est-à-dire qui s’occupe de la vie de la cité, qui s’engage pour des convictions.
Faut-il être bête tout de même ! Ça rapporte quoi de sacrifier une soirée pour rédiger un tract ? De se lever dès potron-minet pour le distribuer ? De passer des nuits à coller des affiches ?
Non seulement ça ne rapporte financièrement rien, mais en plus ça coûte en essence, ou en procès verbal pour affichage sauvage, par exemple.
Parce qu’André, ses engagements n’étaient pas de ceux qui passent au 20 heures, où une blonde peroxydée nous étale, plein écran, son souci de lutter contre la pauvreté et de promouvoir son nouvel album.
Ses convictions, André, il n’avait pas les moyens de les afficher sur des panneaux géants à tous les carrefours. Non ! Lui, c’était les grands moyens des sans moyens : seau de colle et balai. Parce que dans une vraie démocratie commerciale comme la nôtre, l’affichage légal est pour ceux qui paient.
Le pognon d’abord, les idées ensuite, de préférence si il existe, sur le panneau réservé aux associations, derrière les toilettes publiques.
André était Alsacien. La guerre, il en avait des souvenirs d’enfant. Aussi, comme beaucoup de nos amis de l’Est, avait-il à cœur l’éradication du risque de conflit sur notre continent.
Comme il savait que l’injustice et la pauvreté sont le meilleur terreau des conflits futurs, il s’était engagé au sein de la CFTC, la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens. Il en était devenu un des piliers de l’idée européenne.
« Bâtir la paix » disait-il.
Et, inlassablement, il défendait la construction européenne.
Pas celle de l’Europe des marchands, pas celle des technocrates. Non ! La vraie, la belle, la seule qui vaille.
Celle qui unit les peuples en respectant leurs cultures, leurs spécificités.
Celle qui nous fait apprécier la musique celtique et les fromages corses.
Celle qui est parsemée de somptueuses cathédrales et de modestes chapelles.
Celle qui fait rimer liberté et responsabilité.
Celle qui affirme haut et fort que l’être humain est matière et esprit.
Celle qui a brisé le joug communiste et qui se défera du Veau d’Or.
Celle qui marie soleil méditerranéen et brumes du Nord.
Celle qui se définit comme un espace de civilisation commun.
Celle que nous aimons et pour laquelle tu t’es battu, André.
De là-haut, veille sur nous et merci pour ton fidèle engagement.
Dans un contexte d'atonie économique, de chute de la croissance et de risque de récession, les hausses envisagées de la TVA et de la CSG frapperaient de plein fouet les salariés et leurs familles. Elles doivent donc être compensées avant que la machine économique française ne cale. Pour la CFTC, le meilleur carburant serait une politique de rémunération dynamique.
Pour la CFTC, une partie de la réponse consiste en un meilleur partage des profits. Elle propose donc d'apporter des améliorations à la loi sur la participation :
Elargir le nombre d'entreprises concernées par la loi : en abaissant le seuil requis à 20 salariés (contre 50 actuellement).
Réserver tout ou partie des avantages fiscaux liés à la participation aux entreprises ayant conclu un accord salarial dans les 3 ans. L'intéressement des travailleurs ne doit pas être un substitut à la politique salariale.
Simplifier le calcul de la réserve de participation par la suppression du coefficient ½. Celui-ci se justifiait à l'origine par la prise en charge totale par l'Etat. Or, les exonérations fiscales qui y étaient attachées ont été depuis considérablement réduites. La division par deux de la réserve de participation n'est donc plus justifiée.
La CFTC voit dans ces propositions une partie de la réponse à apporter à la perte de pouvoir d'achat de certains salariés. Ces mesures permettraient une amélioration notable de revenus au moins pour les millions de salariés travaillant dans les entreprises bénéficiaires. Enfin, effet non négligeable, elle restaurerait surtout la confiance perdue des salariés vis-à-vis de l'économie française, étape indispensable pour surmonter cette période de crise.
En charge du dossier : Joseph Thouvenel, Vice président confédéral
Chronique de J. THOUVENEL du 17.01.2012 sur Radio Notre Dame (100.7) Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !
Bonjour à toutes et à tous !
En ce moment, l’expression à la mode est « TVA sociale » !
Les uns sont pour, « cela va faire baisser les coûts des entreprises » nous disent-ils.
Les autres, contre, « ce sont les prix qui vont augmenter ! » affirment-ils.
Qu’en savons-nous ?
Pour les entreprises, personne ne sait comment la majorité d’entre-elles utiliserait une baisse de quelques points des prélèvements sociaux.
En augmentant les salaires ? Qui, pour beaucoup, sont quasiment bloqués depuis des années. Cela redonnerait du pouvoir d’achat, excellente chose en soi, mais alourdirait notre déficit commercial.
Car il est peu vraisemblable que nos compatriotes se mettent à acheter massivement des barriques de Juliénas, des caisses de saucisses d’Auvergne ou des quintaux de fromage corse.
Comme il est plus probable qu’ils s’intéressent aux vêtements, appareils ménagers, ordinateurs, matériels de bricolage ou autres jouets. C’est notre balance commerciale qui risque d’avoir des palpitations.
En investissant dans la recherche et l’innovation ? Ce qui, à terme, nous permettrait de concurrencer nos amis Allemands. Très bien ! Mais les effets sur notre économie ne se feraient sentir que dans quelques années.
En utilisant la baisse des charges comme une aubaine pour augmenter les dividendes des actionnaires ? Ce qui n’aiderait en rien la compétitivité Française.
En bref, pour les entreprises, c’est l’incertitude.
Pour les prix ? Laissons la parole aux experts.
Le modèle MESANGE, qui n’est pas ce joli passereau qui agrémente nos haies et nos jardins quand ils existent encore, mais un logiciel informatique de la Direction du Trésor.
MESANGE, donc, suppose un impact à 100 %, c'est-à-dire que 3 points de TVA supplémentaires entraineraient une augmentation mécanique de 3 points des prix.
L’INSEE, elle, indique utiliser par hypothèse un impact d’un tiers, en ajoutant que tout dépend de la conjoncture.
Le modèle NEMESIS, pas la déesse de la vengeance mais un programme informatique de l’Ecole Centrale de Paris, simule, sans trancher le débat, plusieurs variantes d’impact. Le concepteur du modèle, le Professeur ZAGAME, indiquant « que les modèles ne font que renvoyer sous une autre forme les questions qu’on leur a posées ».
En clair, il est probable que les prix augmentent, mais nul ne sait dans quelle proportion, ni avec quel impact, sur quel secteur.
Tout cela devrait inciter les uns et les autres, à plus de modération dans leur propos, de retenue dans leurs affirmations péremptoires, en un mot, à un peu de modestie.
De cette modestie dont a fait preuve, toute sa courte vie, cette analphabète qui, à 17 ans, s’engagea résolument pour la libération de son peuple, celle dont on célèbre, en ce début d’année, le 600ème anniversaire de la naissance, Jeanne d’Arc, Sainte Patronne de la France.
À l'occasion des vœux aux acteurs économiques, Frédéric LEFÈBVRE, Secrétaire d'État, chargé du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services, des professions libérales et de la consommation, a tenu à critiquer « l'injuste » loi sur le travail du dimanche.
Monsieur le Secrétaire d'État a raison : quand un texte discrimine les salariés en refusant le principe du volontariat ou du paiement double le dimanche à une très grande majorité d'entre eux, cela est injuste.
Quand une loi favorise la grande distribution et les centres commerciaux, au détriment du commerce de proximité, cela est injuste et dangereux pour nos territoires.
Mais ce n'est pas cela que visait Monsieur LEFÈBVRE. Pour lui, l'injustice réside dans le fait que certains puissent ouvrir le dimanche, et d'autres non.
Pour la CFTC, si un texte de loi est mauvais, il ne fallait ni le soutenir comme l'a fait, Frédéric LEFÈBVRE, ni le voter.
Sur sa lancée, le Secrétaire d'État annonçait des mesures, visant à ce que les communes qui, par « idéologie », n'autorisent pas certaines ouvertures le dimanche soient privées de leurs prérogatives. Le Secrétaire d'État des artisans et des petits commerçants ignore-t-il que tous les commerces, tous les artisans peuvent travailler le dimanche dans la mesure où ce sont eux qui sont à la manœuvre ?
Sans parler des multiples et légitimes dérogations pour les métiers de bouche, les marchés traditionnels, les activités culturelles, etc ...
Ce que prépare Frédéric LEFÈVBRE, c'est un nouveau mauvais coup contre le commerce de proximité et la sauvegarde d'un temps indispensable à l'équilibre de la vie familiale, personnelle, associative et spirituelle.
La CFTC note qu'il n'a pas été question, dans les propos du Ministre, de tenir les promesses d'il y a 5 ans : « Le travail du dimanche se fera sur la base du volontariat et du paiement double ».
L'intervention du Secrétaire d'État fut d'autant plus intéressante, qu'elle s'est située entre celles de François BAROUIN, Valérie PECRESSE, Éric BESSON et Pierre LELLOUCHE qui, tous ont cité en exemple le champion d'Europe de l'économie, l'Allemagne, qui est en même temps le pays le plus strict en matière d'ouverture le dimanche. Un exemple à suivre ?
Pour la CFTC, il est temps qu'au plus haut niveau de l'État, on prenne conscience qu'une société ne se construit pas en cédant à la pression marchande, mais que la raison doit l'emporter sur la pulsion d'achat.
En charge du dossier : Joseph Thouvenel, Vice président confédéral